Un sexagénaire voulait arnaquer l’assurance et a été trahi par les données de son pacemaker

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Par Elodie le

Aux États-Unis, un homme a prétendu avoir réussi à fuir l’incendie de sa maison, mais en analysant les données de son pacemaker, les autorités ont déroulé une tout autre histoire.

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Tout commence par un banal fait divers qui aurait pu tourner au drame : en septembre dernier, dans l’Ohio, la maison de Ross Compton est ravagée par un incendie. Le sexagénaire explique alors avoir remarqué un départ d’incendie chez lui, assez tôt pour empaqueter quelques affaires (vêtements, ordinateur, le chargeur de son dispositif médical), les jeter par la fenêtre après l’avoir brisé avec sa canne, et les porter à sa voiture. Bilan : 400 000 dollars de dégâts. Lorsqu’il raconte son récit aux autorités, celles-ci tiquent. Une méfiance justifiée par son état de santé : une grave maladie cardiaque nécessitant l’emploi d’un pacemaker et d’une pompe cardiaque externe.

Par ailleurs, le chef des pompiers dépêché sur place remarque d’autres éléments troublants, comme la présence de plusieurs sources de départ d’incendie et une odeur d’essence.

Un récit suspect

La police a alors l’idée de demander un mandat de perquisition pour le pacemaker de Ross Compton afin de récolter les données s’y trouvant et corroborer son histoire. Aidées d’un cardiologue, les forces de l’ordre ont étudié les données médicales du sexagénaire.

« Il est hautement improbable que monsieur Compton ait été en mesure de collecter, emballer et retirer le nombre d’éléments de la maison, quitter la fenêtre de sa chambre à coucher et transporter de nombreux objets volumineux et lourds à l’avant de sa résidence pendant cette courte période de temps en raison de son état de santé », a assuré le cardiologue.

Son témoignage devant un grand jury a scellé le sort de Compton qui est aujourd’hui accusé de fraude à l’assurance et d’incendie volontaire. Il a plaidé non coupable et pourra se défendre lors de sa prochaine audition prévue le 21 février prochain.

Les données de santé comme preuve

Si cette affaire prête à sourire par son caractère insolite, elle éveille tout de même les craintes des associations de défense de la vie privée, à l’instar de l’Electronic Frontier Foundation (EFF) :

« Les Américains ne devraient pas avoir à faire un choix entre la santé et la vie privée, a déclaré Stephanie Lacambra, l’une des avocates de l’ONG. Nous, en tant que société, apprécions notre droit de préserver notre vie privée concernant des renseignements personnels et médicaux, et obliger les citoyens à fournir leurs données de santé érode ces droits ».

Des enjeux futurs

Les données de santé promettent d’être au cœur d’enjeux numériques et sociétaux importants. Leur collecte et leur exploitation de plus en plus fréquente, notamment par le biais d’objets connectés divers, ne manquent pas de soulever des questions éthiques et de confidentialité.

En France, la loi du 26 janvier 2016 a vu l’instauration d’un Système national des données de santé rassemblant des informations sur le parcours de soins des Français.

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