Snowden offert en « cadeau » par la Russie à Donald Trump ?

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Par Elodie le

Des sources anonymes révèlent l’existence de discussions entre la Russie et les États-Unis pour envisager l’extradition d’Edward Snowden, offert en présent au nouveau président américain par Vladimir Poutine afin de réchauffer les relations entre les deux pôles.

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Le Pont des espions

C’est la folle rumeur qui a enflammé la toile ce weekend : et si la Russie de Vladimir Poutine offrait Edward Snowden sur un plateau d’argent au nouveau président des États-Unis, Donald Trump, en signe de bonne volonté ?

Selon un responsable du renseignement américain dont NBC News rapporte les propos, des discussions sont en cours concernant une possible extradition du lanceur d’alerte, actuellement réfugié en Russie. Un stratagème parmi d’autres censé « s’attirer les faveurs » de la nouvelle administration US.

Snowden sur un plateau

Au cours de sa campagne, Trump avait qualifié Snowden de « traître », et n’avait pas hésité à parler « d’exécution » en 2014, s’il osait refouler un jour le sol américain.

« Snowden est un espion qui a causé de gros dégâts aux États-Unis. Un espion, du temps où notre pays était respecté et fort, serait exécuté. »

« Ne vous y trompez pas, ce n’est pas un héros. En fait, c’est un lâche qui devrait revenir et faire face à la justice ». (Donald Trump en 2014)

Un “non-sens” pour le pouvoir russe

Ces informations proviendraient d’un rapport des services secrets russes relatif aux différentes délibérations du pouvoir russe depuis l’investiture de Trump. Pourtant, du côté des officiels russes, ces informations n’ont aucun fondement. Dans une interview précédemment accordée à la BBC, M. Peskov, le porte-parole du président Vladimir Poutine, assure que c’est un « non-sens », Snowden « n’est pas un jouet, mais une personne ». Les seuls à pouvoir prendre cette décision sont les services russes de migration et le président Poutine. Anatoly Kucherena, l’avocat russe du jeune homme ne croit pas non plus aux dernières rumeurs d’extradition forcée :

« La Russie n’a aucune raison juridique légale pour extrader M. Snowden. Tous ces discours ne sont que des spéculations quelconques. Quelqu’un essaie de faire passer ses désirs pour des réalités. Il y a quelqu’un à Washington qui souhaite qu’une personne innocente soit extradée vers les USA », a-t-il expliqué aux médias russes.

D’après l’avocat de l’ACLU (Union américaine pour les libertés civiles) détaché à la défense du lanceur d’alerte, « l’équipe Snowden n’a reçu aucun signaux en ce sens et n’a aucune nouvelle raison de s’inquiéter ».

Snowden, d’Oliver Stone

Snowden risque 30 ans de prison minimum

Le département de la Justice a toutefois confirmé à NBC News son intention de poursuivre Edward Snowden s’il remet le pied aux États-Unis. Les charges retenues contre lui et datant de 2013 incluent le vol de documents gouvernementaux et deux chefs d’accusation relevant de l’Espionage Act de 1917. Charges pour lesquelles Edward Snowden encourt une peine de 30 ans de prison minimum.

Répondant aux propos de Michael Morell, un ancien directeur de la CIA par intérim, estimant que l’ancien agent serait le « cadeau d’inauguration parfait » de la Russie à Trump, la porte-parole du ministère des Affaires Étrangères russe, rétorquait qu’il était tout bonnement « impensable pour la Russie de remettre » Edward Snowden.

Ces rumeurs n’en ont pas moins fait réagir le principal intéressé qui en a profité pour brandir la preuve qu’il n’était pas un traître à la solde de Moscou, comme beaucoup le suggère. Le journaliste d’investigation Edward Jay Epstein a d’ailleurs récemment publié un livre (How America Lost Its Secrets: Edward Snowden, the Man and the Theft) basé sur cette théorie.

« Enfin, la preuve irréfutable que je n’ai jamais coopéré avec les services de renseignement russes. Aucun pays ne marchande ses espions, car les autres craindraient d’être les prochains »

Traître ou héros ?

Alors analyste pour la NSA à Hawaï depuis un mois à peine, Edward Snowden dérobe des informations confidentielles qu’il exfiltre à l’aide d’une clé USB. Il les transmettra aux journalistes Gleen Greenwald (The Guardian à l’époque) et Laura Poitras (Citizenfour, notre critique) dans une chambre d’hôtel de Hong Kong après sa fuite et avant de trouver refuge en Russie, les États-Unis ayant pris soin de révoquer son passeport. Dès juin 2013, ses révélations jettent une lumière crue sur les pratiques de surveillance et d’écoutes massives de la NSA.

Le lanceur d’alerte s’est vu accorder l’asile politique pendant un an, puis trois ans en août 2014, avant que celui-ci ne soit récemment prorogé jusqu’en 2020. Snowden aimerait trouver asile ailleurs, mais est limité aux pays qui n’ont pas de traité d’extradition avec les États-Unis. En France, plusieurs personnalités ont milité pour accorder l’asile au lanceur d’alerte, le gouvernement français s’y est toujours refusé. Du côté des candidats à l’élection présidentielle, Benoit Hamon et Jean-Luc Melenchon sont favorables à son accueil en France.

Cependant, Snowden n’a jamais caché son envie de revenir aux États-Unis, même pour y être jugé. Il craint seulement d’être jugé devant un tribunal militaire et non devant un jury populaire où il estime avoir plus de chance de bénéficier d’un procès équitable.

Barack Obama a toujours exclu de gracier Edward Snowden puisqu’il n’a jamais été jugé par la justice de son pays

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