Intel : la prochaine génération de processeurs ne sera pas (encore) un bouleversement

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Par Gaël Weiss le

Si Intel va très bien financièrement, son avenir s’obscurcit de plus en plus. Après avoir sorti tardivement sa 7e génération de processeurs (les Core) pour desktop au début de l’année, le concepteur de puces et fondeur prépare déjà le terrain pour la 8e génération, prévue pour la fin de l’année. Las, cette nouvelle génération toujours gravée en 14nm et basée sur l’architecture actuelle ne devrait pas permettre un gain de puissance particulièrement conséquent.

Quelle est la stratégie d’Intel actuellement ? Elle n’est pas facile à déchiffrer tant la marque américaine semble ne plus vouloir aller de l’avant. Rappelons un peu le contexte. Depuis le début de l’année, Intel s’est enfin décidé à commercialiser ses processeurs, ses Core, de 7e génération (dit Kaby Lake) pour PC desktop. Cette arrivée est relativement tardive, surtout lorsque l’on sait que ces processeurs étaient disponibles pour les PC portables depuis l’été 2016.

Une 8e génération encore gravée en 14nm

Si les puces Kaby Lake sont globalement de bons processeurs — en réalité, ce sont les seules puces de milieu et haut de gamme du marché —, elles ne sont déjà qu’une simple évolution des Core de 6e génération, dit Skylake, gravés en 14nm. Le gain de performances par rapport à cette dernière génération était somme toute relativement restreint, de l’ordre de 15 % environ. Mais ce « petit » saut en termes de performances était attendu. Intel avait précisé dès le départ que Kaby Lake serait encore gravé en 14nm.

On apprend aujourd’hui par l’intermédiaire du site américain Anandtech que la huitième génération de Core, dite Coffee Lake, sera encore gravée en 14nm. Et pour le coup, c’est la douche froide. Intel commence déjà à communiquer au sujet de ces futurs processeurs. Selon la marque américaine, ils arriveront « durant la seconde moitié de l’année 2017 ». Mais les multiples retards pris par Kaby Lake laissent déjà entrevoir une sortie prévue pour la toute fin de l’année, voire le début de l’année prochaine.

Cette 8e génération de processeurs ne devrait pas entraîner de véritable bouleversement. Certes, Intel assure qu’il y aura encore un gain de performances de l’ordre de 15 %. Mais la gravure en 14nm n’assurera plus des économies d’énergies et une chauffe moins importante. Surtout, cela signifie qu’Intel peine véritablement à innover. Une gravure plus fine permet certes de produire moins de chaleur, mais elle permet surtout d’augmenter le nombre de transistors sur la puce et de permettre la conception de nouvelles architectures.

AMD et ARM en embuscade

Longtemps seul sur le marché des puces haut de gamme, Intel commence peu à peu à se faire rattraper par la concurrence. Cela passe bien sûr par AMD, qui devrait présenter officiellement au début du mois de mars ses processeurs Ryzen capables de rivaliser avec les dernières puces d’Intel. Mais Intel est en passe de ne plus devenir une référence incontournable avec l’émergence de puces ARM de plus en plus performantes et surtout de moins en moins énergivores.

Nombreux sont désormais les acteurs qui s’intéressent aux architectures de la société britannique. Samsung et TMSC seront capables dans quelques mois de produire des puces gravées en 7nm, essentiellement à destination d’appareils mobiles. Microsoft, avec Windows Cloud et Apple, qui compte intégrer des puces ARM dans ses Mac, se tourne de plus en plus vers cette architecture de plus en plus performante, moins chère et surtout moins gourmande.

Intel sera donc très attendu lors de la sortie de sa 9e génération de processeur, la série Icelake. Cette dernière est attendue pour la seconde moitié de l’année 2018. Elle sera basée sur une nouvelle architecture et sera surtout gravée en 10nm. Mais deux ans, c’est long et durant ce temps, la concurrence a largement de quoi s’armer. Autant dire que les mois à venir pour Intel s’annoncent compliqués.

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