Un robot sexuel conçu pour être violé crée la polémique

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Par Elodie le

Une firme américaine a conçu un robot sexuel dont l’une des personnalités, « Frigid Farrah », est programmée pour résister aux avances de son propriétaire. Outre la simulation de viol, il pourra également s’acoquiner avec une jeune fille « d’à peine 18 ans ».

Westworld

Roxxxy True Companion est la neuvième version du robot sexuel commercialisé par la firme américaine Truecompanion. Pour 9 995 dollars (environ 8 600 euros), Roxxxy converse avec son partenaire, lui prête une oreille attentive et réalise jusqu’à 50 positions sexuelles.

Doté d’une intelligence artificielle, le robot est pourvu de 5 personnalités différentes : Wild Wendy, Mature Martha, S&M Susan, Young Yoko et Frigid Farrah, des noms qui laissent peu de doutes sur leurs « traits de caractère ». Ainsi, Frigid Farrah est décrite comme « réservée et timide », si bien que le propriétaire est prévenu : « si vous lui touchez les parties intimes, il est plus que probable qu’elle n’appréciera pas vos avances », explique la société pour qui ces robots « permettent à chacun de réaliser ses fantasmes sexuels les plus privés ». Une incitation qui a soulevé la polémique outre-Atlantique, rapporte The Independent. Une autre personnalité a également été critiquée, celle de « Young Yoko », « oh si jeune (à peine 18 ans) qui attend que vous lui appreniez des choses ».

Un sextoy pour homme ?

« Si les femmes peuvent avoir un vibromasseur, pourquoi les hommes ne pourraient-ils pas avoir un Roxxxy ? Avoir un robot sexuel est juste une autre aide pour permettre aux femmes comme aux hommes de faire en sorte que leurs rêves deviennent réalité. »

Un argument qui n’a pas fait mouche : certains craignant que ces robots reproduisant l’apparence d’une femme, l’autonomie en moins, encouragent à la culture du viol.

Pour le professeur Noel Sharkey, membre de la Fondation pour une robotique responsable, les implications éthiques de ces robots pour notre sexualité future doivent être examinées. Ils peuvent encourager toute sorte d’abus sexuels, y compris la pédophilie.

« Il y a des gens qui disent qu’il est préférable que des robots soient violés plutôt que de vraies personnes. D’autres assurent que cela encouragera davantage les violeurs. »

Encourage les abus sexuels

De son côté, Laura Bates, militante et fondatrice du Everyday Sexism Project, Frigid Farrah ne doit pas être perçue comme un fantasme sexuel de plus : « Le viol n’est pas un acte de passion sexuelle. C’est un crime violent », dénonce-t-elle dans le New York Times.

« Nous ne devrions plus encourager les violeurs à trouver des exutoires prétendument sûrs, ou alors nous devrions aussi aider les meurtriers en leur donnant des mannequins réalistes et couverts de sang à poignarder. Si cette suggestion semble ridicule, pourquoi l’idée de fournir des victimes robotiques aux agresseurs sexuels semble faisable pour certains ? »

Pour elle, la réponse est toute trouvée, notre société a encore du mal à percevoir la violence sexuelle comme un véritable crime. Et ces robots ne font que “normaliser” le viol.

Pour tenter d’éteindre la polémique, True Companion se défend d’encourager de telles pratiques. Roxxxy « n’est tout simplement pas programmé pour participer à un scénario de viol et toute suggestion expliquant qu’elle le fait est de la pure hypothèse ».

Selon eux, Frigid Farrah est seulement de la vieille école : elle vous repousse si vous allez trop vite en besogne et n’est là que pour « aider les gens à comprendre comment être intime avec son partenaire ». Ou comment passer du robot sexuel au robot pédagogique. Mais Roxxxy c’est aussi le degré zéro de l’autonomie face à son propriétaire, que fera-t-elle s’il veut « réaliser ses fantasmes les plus privés » ?