Critiqué pour le manque de fiabilité de ses Surface, Microsoft renvoie la balle à Intel

Business

Par Elodie le

L’association de consommateurs américaine a mis en cause la fiabilité des Surface de Microsoft. Depuis, tous les moyens sont bons pour redorer son blason… même tacler son fournisseur Intel.

Mister bean

La semaine dernière, le Consumer Reports, l’association de consommateur US (équivalent de l’UFC Que Choisir en France), taclait les laptops Surface de Microsoft, accusés de ne pas être fiables, ni réparables en cas de pépins. Dans son rapport, il pointait même un taux de panne de 25 % sur deux ans (plantage, problème avec l’écran tactile, etc.).

« Si vous vous préoccupez de la durée de vie de vos produits, il est préférable de vous orienter vers une marque plus fiable », taclait ainsi Jerry Beilinson, de la division électronique de Consumer Reports. Et d’achever définitivement Redmond en assurant : « Apple a les produits les plus fiables ».

Intel, bouc émissaire de Microsoft

Depuis cette mauvaise publicité, Microsoft tente par tous les moyens de minimiser l’affaire et de nier tout dysfonctionnement sur ses produits. La firme s’est même fendue d’un mémo interne que s’est procuré le journaliste Paul Thurrott, spécialiste de la marque.

Rédigé selon toute vraisemblance par Panos Panay, boss des produits chez Microsoft et créateur de la gamme Surface, le mémo reconnait que les « commentaires comme celui de [Consumer Reports] piquent l’égo », mais qu’ils incitent à se focaliser davantage sur ce que veulent les utilisateurs. Microsoft se rapprochera donc de Consumer Reports pour comprendre la raison d’un tel courroux à l’égard de la Surface et les faire « changer d’avis ».

Les processeurs Skylake sur la sellette

Notons toutefois que la Surface Pro n’est pas concernée par les critiques et que le rapport de l’association de consommateurs vise uniquement la partie matérielle de la Surface, le hardware donc, et pas la partie logicielle, c’est-à-dire Windows 10.

Ce qui n’a pas échappé à Microsoft. Comme le souligne le journaliste Paul Thurrott, les différents responsables de Redmond rencontrés depuis le début du Surfacegate en 2016, comme il l’appelle, n’ont pas manqué de mettre la faute sur Intel. Pour eux, la source des problèmes rencontrés sur la Surface provient des processeurs Skylake, qui ont rencontré pas mal de bug l’année dernière.

Panos Panay

Un dysfonctionnement qui aurait incité Microsoft a concevoir une version de Windows 10 tournant sous processeur ARM, pour relativiser la domination d’Intel, alors même qu’AMD «  n’était pas à la hauteur » à cette époque.

Une histoire montée de toute pièce

Pourtant, la théorie du « fiasco de skylake » est si séduisante qu’elle fait son chemin jusqu’à Satya Nadella, le PDG de Microsoft. Ce dernier évoque alors le sujet avec Lenovo, demandant au plus grand fabricant de PC de l’époque comment il fait face au problème. Manque de chance : RAS chez Lenovo concernant les processeurs incriminés.

Retour à la case départ ! Selon une source du journaliste américain, Microsoft a monté cette histoire avec Intel de toutes pièces. En réalité, le problème viendrait des pilotes et paramètres personnalisés spécifiques à la Surface et donc conçus par l’équipe hardware de Microsoft.

Rappelons qu’en juin dernier, Greenpeace et iFixit publiaient le palmarès des champions de l’obsolescence programmée, la Surface Pro et le Surface Book se prenaient tous d’eux 1/10 en réparabilité. Depuis, iFixit s’est également attaqué à la nouvelle Surface Laptop lui attribuant un lapidaire 0/10. Plus encore que les dysfonctionnements, c’est son impossibilité à réparer le produit qui était alors dénoncé.

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