Spotify éjecte des dizaines de groupes haineux de sa plate-forme

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Par Perrine.s le

L’algorithme de Spotify trouvait pas moins de 37 groupes suprémacistes blancs dans les résultats de ses recherches. Le service de streaming suédois s’est alors empressé de supprimer les contenus concernés.

Tout est parti de l’article « I Just found 37 white supremacist hate bands on Spotify » (« Je viens de trouver 37 groupes suprémacistes blancs haineux sur Spotify) publié sur Digital Music News. Paul Resnikoff y explique avec quelle facilité il est parvenu à regrouper des chansons de dizaines de ces musiciens aux croyances identitaires, uniquement avec les propositions de l’algorithme de la plate-forme. Ce dernier permet en effet à l’utilisateur de se rediriger vers des contenus semblables aux chansons qu’il écoute.

Action, réaction

Moins de 24 heures après la publication de l’article, Spotify prend les mesures nécessaires et supprime des dizaines de groupes suprémacistes blancs et néo-nazis de sa plate-forme. Expliquant que : « Spotify prend les mesures immédiates afin de retirer ce type de contenu dès que cela est porté à notre connaissance. Nous sommes heureux d’avoir été alertés de ce contenu et nous avons déjà retiré de nombreux groupes identifiés aujourd’hui, tandis que nous examinons les autres ».

Deezer ne se fait pas prier

Deezer a également suivi le mouvement et a en informé Digital Music News par mail. Le service de musique précise qu’il : « ne tolère aucune forme de discrimination ou de haine à l’encontre d’individus ou de groupes en raison de leur race, religion, genre ou sexualité » et que leurs équipes passent en revue leur contenu afin de retirer : « tout ce qui serait lié à un mouvement suprémaciste blanc ou système de croyance ».

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Déjà repérés en 2014

Ces décisions font évidemment écho aux violences qui ont suivi les manifestations à Charlottesville en Virginie, où une jeune femme a perdu la vie et une vingtaine de personnes ont été blessées. Pourtant l’alerte avait déjà été donnée en 2014 par le Southern Poverty Law Center (SPLC), qui les a qualifiés à ce moment-là de « groupes haineux » dans Music, Money, and Hate, un rapport sur le racisme et la musique numérique. Dans le document, SPLC indiquait qu’au moins 54 groupes suprémacistes blancs étaient disponibles sur iTunes. Pour y répondre, Apple avait alors retiré les concernés de sa plate-forme, tandis que Spotify et Amazon tardaient à en faire de même. Cela pose également la question en amont de savoir pourquoi ce type de contenu n’est pas davantage filtré par les différentes plate-formes.

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