Élection américaine : Facebook reconnaît avoir été détourné par une « ferme à troll » russe

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Par Elodie le

Selon Menlo Park, plus de 100 000 dollars de publicité mettant en avant des messages politiques à caractères controversés auraient été achetés par une société russe – une « ferme à troll » – cachée derrière des centaines de faux comptes et pages Facebook. Suffisant pour crier à l’ingérence ?

Les soupçons d’ingérence russe dans la dernière élection américaine font couler beaucoup d’encre, de même que le laisser aller de Facebook face aux fake news et hoax qui ont pullulé sur la plateforme pendant toute cette période.

Depuis, le réseau social a publié un livre blanc sur sur les tentatives de détournement de la plateforme, l’idée étant notamment de déterminer s’il existait un lien entre les efforts d’ingérence russes et les annonces à caractère politique achetées sur Facebook.

Facebook valide l’ingérence

L’enquête interne a démontré qu’entre juin et mai 2017, 470 faux comptes avaient acheté pour 100 000 dollars de publicité sur Facebook — plus de 3 000 annonces. Des comptes liés à une « ferme à troll » ( nommée Internet Research Agency) située à Saint-Pétersbourg, en Russie, et connue pour diffuser de la propagande pro-kremlin, rapporte le Washington Post.

« Notre enquête suggère que ces comptes et les pages qui y étaient liées opéraient depuis la Russie », a précisé Alex Stamos dans un billet de blog.

Si la somme dépensée parait dérisoire comparé au coût de la campagne américaine, le réseau social peut servir de caisse de résonance au regard des 170 millions d’utilisateurs américains.
D’après le chef de la sécurité de Facebook, la grande majorité des publicités ne faisaient pas spécifiquement référence à l’élection américaine, au vote ou à un candidat en particulier. Seul un nombre restreint de publicités évoquaient Donald Trump et Hillary Clinton.

L’objectif de ces publicités était « d’amplifier sur les réseaux sociaux des messages sociaux ou politiques susceptibles de diviser » sur des sujets comme la question LGBT et les questions raciales, l’immigration ou le port d’armes à feu. Un quart de ces publicités étaient « géographiquement ciblées », mais Facebook a refusé d’en dire davantage.

Des publicités faites pour diviser

Menlo Park a transmis ces informations aux autorités fédérales qui enquêtent sur les ingérences russes pendant l’élection US et la possible collusion entre le Kremlin et l’équipe de campagne du milliardaire républicain, investigations confiées à au procureur spécial Robert Mueller. Pour la communauté du renseignement, il ne fait plus de doute que la Russie a interféré dans les élections.

Ces révélations s’inscrivent à rebours des déclarations de Mark Zuckerberg. Le CEO de Facebook estimait qu’il serait « fou » de prétendre que la plateforme ait pu influencer l’élection, assurant même que « 99% des informations diffusées sur la plateforme sont authentiques ».

Depuis, la firme a fait son mea culpa et pris des mesures contre les sites et pages relayant des fake news, tout en misant sur le fact checking.