Facebook va aider le Congrès dans l’enquête sur l’ingérence russe

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Par Elodie le

Le Congrès enquête sur l’immixtion russe dans les élections américaines et la potentielle collusion entre le Kremlin et l’équipe Trump.

En début de mois, le réseau social reconnaissait avoir été détourné par une « ferme à troll » russe. Des centaines de faux comptes et pages Facebook ont acheté pour plus de 100 000 dollars de publicité promouvant des messages politiques à caractères controversés. Mais motus et bouche cousue, Menlo Park refusait encore de révéler le contenu de ces publicités.

Détourné par une « ferme à troll »

Après avoir longtemps nié le rôle de Facebook dans les élections américaines avec la propagation de fausses informations et autres hoax, la firme a sensiblement changé son fusil d’épaule et pris des mesures contre ces propagateurs de fake news (sites et pages). Un activisme qui s’est fait sous la pression de l’enquête fédérale.

Aujourd’hui, Mark Zuckerberg annonce avoir transmis le contenu de ces publicités au Congrès qui enquête sur d’éventuelles manœuvres russes avant et pendant les élections américaines, dans le but de favoriser le candidat républicain. À charge pour les députés de lever le voile sur leur contenu.

« Je crois fermement dans le processus démocratique et dans le fait de protéger son intégrité », a assuré Mark Zuckerberg dans une élocution diffusée via Facebook Live jeudi dernier : « Je refuse que quiconque utilise nos outils pour saper la démocratie ».

Une coopération attendue avec le Congrès

Le CEO a rappelé que la firme travaillait « activement avec le gouvernement américain dans son enquête sur l’implication de la Russie ». Des pièces ont déjà été fournies aux autorités fédérales, notamment pour vérifier si le ciblage publicitaire d’électeurs s’est fait en liaison avec l’équipe de campagne de Donald Trump (dont le gendre du milliardaire Jared Kushner, également objet d’investigations). « Ce matin, j’ai demandé à nos équipes de fournir au Congrès les publicités que nous avons trouvées » à la suite de l’enquête interne menée entre juin et mai 2017. Menlo Park a ainsi débusqué 470 faux comptes derrière l’achat de 3000 annonces pour un montant total de 100 000 dollars entre juin 2015 et mai 2017.

Pour éviter qu’une telle opération se reproduise, Facebook promet plus de vigilance avec la mise en œuvre de 9 nouvelles mesures. Comme cette proposition sortie des rangs démocrates proposant d’appliquer aux plateformes la même réglementation sur la diffusion de publicités politiques prévue pour les médias traditionnels.

Facebook entend même lever le voile sur l’identité de ces acheteurs de publicités à caractère politique et une page sera également dédiée aux annonceurs pour informer les utilisateurs.

La plateforme n’est pas la seule entreprise technologique auditionnée dans cette affaire : Twitter a également remis des documents au procureur spécial chargé de l’enquête Robert Mueller.