Imprimer une arme à feu en 3D sera-t-il bientôt un jeu d’enfant ?

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Par Elodie le

Crypto-anarchiste autoproclamé, Cody Wilson, 29 ans, vient de fabriquer la première arme à feu en métal entièrement imprimée en 3D et ce n’est qu’un début.

Les initiés ont fait la connaissance de Cody Wilson en 2013 avec « The Liberator », le première arme à feu fonctionnelle imprimée en 3D. Un colt 45 en plastique ABS dont seul le percuteur était en métal. Une précaution prise par son créateur pour qu’il reste détectable dans les aéroports notamment.

Le jeune étudiant avait même publié les plans 3D de l’arme sur son site Defense Distributed, incitant les autorités à mettre le holà. Trop tard puisque plus de 100 000 téléchargements avaient déjà été effectués. Depuis, ces plans sont disponibles sur des nombreux sites de torrent.

Du plastique au métal

Cody Wilson donne aujourd’hui de ses nouvelles avec une nouvelle arme imprimée en 3D, mais intégralement en métal cette fois-ci. Une arme plus vraie que nature qu’il a tout simplement conçu grâce à la mise à jour de son imprimante 3D, Ghost Gunner (artilleur fantôme). L’impression de semi-automatique comme le Colt 45 est désormais possible, et celle de Glock le sera bientôt. Pas de numéro de série, ni d’achat à un revendeur agrée rend sa détection quasiment impossible par les autorités.

Cody Wilson dans l’une de ses vidéos

Demain verra-t-il l’avènement d’un monde où imprimer une arme à feu sera simple comme bonjour ? Il n’aura fallu qu’une petite heure à Wilson pour concevoir le sien. Les autres devront débourser pas moins de 1675 dollars pour s’offrir Ghost Gunner sur le site de l’américain, télécharger les plans et acquérir le reste du matériel nécessaire. Rien de bien insurmontable pour quelqu’un de motivé.

Et la législation dans tout ça ? Floue, ce qui rend l’impression 3d d’armes à feu toujours possible, mais surtout légale.

Une législation encore floue

Aux États-Unis, la revente et la cession d’une arme à feu imprimée en 3D sont interdites, pas leur impression. La Californie impose seulement de déclarer toute arme imprimée en 3D afin de vérifier les antécédents du propriétaire, autant dire que ce sera au bon vouloir de chaque Ghost Gunner ! En France, une proposition de loi a été déposée en octobre dernier pour encadrer l’impression 3D, et n’apporte finalement pas grand-chose de nouveau.

Même si ces armes sont loin d’égaler les armes à feu traditionnelles en terme de qualité (portée du tir, fiabilité, usure du plastique, etc.), le contexte actuel a de quoi inquiéter quelques jours à peine après la tuerie de Las Vegas qui a fait 58 morts et plus de 500 blessés.