Les autorités belges vont ouvrir une enquête sur les loot boxes de Battlefront 2 et Overwatch

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Par Gaël Weiss le

La Commission des jeux de hasard, l’autorité belge qui s’occupe de réguler tous les jeux de hasard sur le territoire belge, vient d’ouvrir une enquête sur les jeux vidéo Star Wars Battlefront 2 et Overwatch. En cause, les fameuses loot boxes, qui rendraient ces deux jeux dangereusement proches du jeu de hasard. Un véritable problème alors que les deux titres sont PEGI 12 et peuvent donc toucher un jeune public.

Le site belge VTM rapportait hier que la Commission des jeux de hasard venait d’ouvrir une enquête sur les jeux Star Wars Battlefront II et Overwatch. Les deux titres ont la particularité de proposer chacun des loot boxes, ces fameuses boîtes que l’on peut aussi bien acquérir avec de l’argent réel ou virtuel, mais dont le contenu est toujours inconnu et dépendant du hasard. Dans le cas d’Overwatch, elles permettent de débloquer du contenu cosmétique — sans impact sur le jeu lui-même —, mais dans le cas de Battlefront II, elles permettent de débloquer de nouveaux héros ainsi que des améliorations pour son avatar dans les parties mulitjoueurs.

Les loot boxes transforment-elles des jeux vidéo en jeu de pari ?

Ce qui pose deux problèmes à la Commission des jeux de hasard. Le premier, c’est qu’un facteur de chance entre en jeu lors de l’ouverture de chacun de ces loot boxes. Et avoir la possibilité d’acheter un produit, même virtuel, sans savoir ce qu’il contient, peut s’apparenter à une forme de pari. C’est en tout cas ce que devront trancher les autorités belges. Et si ces dernières décident qu’il s’agit bien de jeux de hasard, ces jeux auraient besoin d’une licence spéciale et les éditeurs devraient probablement payer une amende.

Cette classification de jeux de hasard est d’autant plus problématique qu’en Belgique, comme en France et en Europe d’une manière générale, les deux jeux disposent d’une classification PEGI 12. Autrement dit, des mineurs pourraient être exposés à des jeux de hasard. Ce n’est pas anodin : les éditeurs de jeux vidéo savent parfaitement que tout le monde n’est pas égal face aux jeux de hasard et que certains joueurs sont plus enclins que d’autres à dépenser (à craquer ?) de l’argent dans les jeux dans ces loot boxes. L’interrogation des autorités belges est tout à fait pertinente.

Les États-Unis et la Chine ont déjà pris position

On ne sait pas quand a débuté l’enquête, ni quand les autorités belges donneront leur verdict. Quoi qu’il en soit, ce genre de débat a déjà eu lieu aux États-Unis et en Chine. De l’autre côté de l’atlantique, l’ESRB, l’équivalent de notre PEGI aux États-Unis, a tranché : pour elle, les loot boxes ne sont pas apparentés à du pari. Gamasutra explique ainsi la position de l’autorité de classification de jeu vidéo américaine : « les loot boxes aléatoires utilisés dans les jeux comme Overwatch ou Shadow of War ne rentrent pas dans les paris étant donné que les joueurs sont certains de recevoir du contenu ingame pour chacun de leurs achats ».

Quant à la Chine, depuis mai dernier, les éditeurs de jeux vidéo sont obligés d’informer les joueurs des objets que peuvent contenir ces coffres virtuels ainsi que la probabilité de tomber sur des types d’objets précis contenus dans ces loot boxes.

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