Le plus américain des réalisateurs français intéresse le géant de la vidéo à la demande. Selon Variety, Netflix et Luc Besson seraient en discussion sur plusieurs projets de films… voire un peu plus.
EuropaCorp pourrait ainsi produire plusieurs films pour la plateforme au cours des années à venir, et cette dernière entrerait également au capital de la société française qui réunit aussi bien des activités de production, de distribution, vidéo, VoD ou vente de droit TV pour la France.
Netflix originals à 30 millions
Selon le magazine américain, les films seraient étiquetés « originaux Netflix » et bénéficieraient d’un budget de 30 millions de dollars. Loin des 180 millions d’euros (hors frais promotionnels) de Valérian, mais plus proche d’un Lucy (40 millions de dollars) ou du premier Taken (25 millions de dollars).
Si le deal est acté, Netflix pourrait également acquérir la bibliothèque d’EuropaCorp et l’ensemble de ses licences (Taxi, Taken, Le Transporteur), dont la valeur est estimée à 150 millions d’euros. Les négociations ont débuté l’année dernière autour de partenariats avant de prendre une autre tournure.
Une dette importante
EuropaCorp accuse une dette estimée à 230 millions d’euros (imputés notamment à l’échec de Valérian et la Cité des mille planètes) et a entamé un Plan de Sauvegarde de l’Emploi (PSE), 22 emplois vont être supprimés en France. Forcément, cette situation aiguise les appétits : Lionsgate et l’homme d’affaires et producteur franco-tunisien Tarak Ben Ammar, qualifié « d’arme anti-Netflix de Bolloré » par le JDD en 2016, seraient également sur les rangs pour s’offrir ou investir dans la société.
Pour Netflix, cette opération serait une première. Sa seule acquisition remonte à août dernier avec l’éditeur de comics Millarworld créé par Mark Millar. L’acquisition de tout ou partie d’EuropaCorp lui permettrait d’enrichir son catalogue de productions à fort attrait international. Besson quant à lui rejoindrait Scorsese, Damien Chazelle ou encore les frères Coen parmi les réalisateurs travaillant pour Netflix.
Un deal gagnant-gagnant ?
EuropaCorp abandonnerait du même coup son modèle traditionnel de distributions de films reposant en partie sur des partenariats avec d’autres acteurs européens ou chinois, à l’instar de Fundamental, son deuxième actionnaire.
Depuis la sortie ratée de Valérian cet été, la capitalisation boursière de la société a chuté de plus de 60 % pour tomber à 58,8 millions d’euros.

