L’horloge de votre four ou de votre radio-réveil n’est plus à l’heure ? Voici pourquoi

Général

Par Elodie le

Vous avez peut-être remarqué que vos pendules, horloges et radios-réveils n’affichaient plus la bonne heure depuis quelques semaines. Vos plombs n’ont pas sauté, la vague de froid n’y est pour rien, en revanche la guerre énergétique au Kosovo fait rage.

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Le battement d’ailes d’un papillon peut provoquer un ouragan à l’autre bout du monde. Ici, pas de catastrophe naturelle en vue, seulement jusqu’à 6 minutes de retard sur vos horloges.

En effet, depuis quelques semaines, votre radio réveil ou l’horloge de votre four affiche quelques minutes de retard de façon inexplicable. Sachez-le, vous n’êtes plus seul, mais rejoint par plusieurs centaines de millions d’Européens également touchés par ce phénomène (qui n’a rien de paranormal).

Jusqu’à 6 minutes de retard

Ce retard sur la course du temps est à mettre au crédit du réseau électrique européen. En effet, pour rester à l’heure, les horloges et autres appareils branchés sur secteur se synchronisent sur la fréquence de courant électrique, maintenu à 50 hertz (50 impulsions/oscillations par seconde) dans toute l’Europe.

Toutefois, depuis quelques semaines, cette fréquence a baissé, passant de 50 à 49,996 Hz explique Entso-E, la puissance association du Réseau européen des gestionnaires de réseau de transport d’électricité dans un communiqué. Les horloges battent désormais à un rythme moins soutenu. Une baisse infinitésimale, mais qui cumule jusqu’à 6 minutes de retard depuis la mi-janvier.

Ce qui explique que vos smartphones, ordinateurs et tablettes ne soient pas touchés par ce retard puisqu’ils sont connectés à internet et non branchés sur secteur.

Coup diplomatique du Kosovo

« Cette anomalie, une première dans notre système européen, n’a pas pour origine la vague de froid récente ou une panne soudaine », précise Claire Camus, porte-parole d’Entso-E.

Et l’association d’accuser le Kosovo et la Serbie d’être à l’origine de ce retard. D’après Le Parisien, « Le Kosovo, mais aussi la Serbie ont lancé une véritable guerre diplomatique pour faire pression et rejoindre, de façon plus officielle, le club des pays formant ce ‘réseau européen des gestionnaires de réseaux de transport d’électricité’, très influent à Bruxelles sur les directives et décisions européennes ».

Le Kosovo n’injecterait pas suffisamment d’électricité dans le réseau européen, et la Serbie, au cœur du réseau de distribution des Balkans, n’a aucune intention de compenser le manque, ses relations avec le Kosovo étant historiquement tendues.

« La question de savoir qui va compenser cette perte doit être résolue » estime l’Entso-E. Problème, les autres pays européens, à l’instar de la France ou l’Allemagne, ne souhaitent pas augmenter leur effort et en supporter le coût (répercuté sur la facture des clients).

L’Entso-E, qui regroupe 25 pays européens, de l’Espagne à la Turquie en passant par la Pologne et les Pays-Bas, espère convaincre le Kosovo et la Serbie de revenir à une production normale d’ici la fin de la semaine. Toutefois, il faudra sans doute attendre encore quelques semaines avant que les pendules ne soient remises à l’heure.