
Petit rappel des faits. En novembre dernier sortait Star Wars Battlefront II, un FPS édité par Electronic Arts dont l’histoire retiendra qu’il était aussi médiocre que bourré de microtransactions. Son mode multijoueur – principal intérêt du jeu – proposait en effet aux joueurs de débloquer du contenu via des loot box, ces fameuses pochettes-surprises virtuelles. Ce système de loot box, associé à un système de microtransactions que l’on qualifiera poliment de « carrément abusé » avait alors suscité un tollé auprès des joueurs, mais aussi alerté les pouvoirs publics.

La Belgique a tranché, mais ouvre le dialogue avec les éditeurs
La Belgique en particulier, avait ainsi annoncée en novembre 2017 avoir ouvert une enquête afin de trancher si oui ou non les loot box pouvaient être associées à des jeux de hasard. Après 5 mois d’enquête « les ingénieurs, juristes et spécialistes IT de la Commission des jeux » de hasard belge ont rendu leur verdict après avoir analysé quatre jeux en particulier : Overwatch, Star Wars Battlefront II, FIFA 18 et Counter-Strike: Global Offensive. Il est limpide :
Que se passerait-il si les éditeurs de jeux vidéo ne se plient pas aux recommandations de la Commission belge ? La RTBF indique sur son site web que le ministre de la Justice Koen Geens comptait infliger des amendes pouvant monter jusqu’à « 800.000 euros et cinq ans de prison sont en jeu », voire le double « si des mineurs sont concernés ». Mais Koen Geens précise qu’il veut tout d’abord entamer des discussions avec les principaux concernés.
Ces derniers ont par ailleurs indiqué à Kotaku qu’ils n’ont pas été prévenus de la décision de la Commission des jeux de hasard belge. Un représentant d’Electronic Arts déclare ainsi que la société américaine est prête à engager un dialogue avec les autorités belges, mais qu’elle « n’est pas d’accord avec le fait que nos jeux peuvent être considérés comme une forme de jeu de hasard ». Blizzard et Valve, de leurs côtés n’ont pas fait de commentaires.
En France, les loot box considérées comme une « dérive préoccupante », mais pas encore considérées comme des jeux de hasard
Si la Belgique a fait son choix, en France, les loot box ne sont pas encore considéré comme des jeux de hasard. En novembre dernier, Charles Coppolani, le Président de l’ARJEL (Autorité de Régulation des Jeux en Ligne) déclarait dans un courrier en réponse à UFC QUE CHOISIR au sujet des loot box qu’il s’agissait « d’une dérive préoccupante dans le domaine des jeux vidéo ». Mais il expliquait que l’on ne pouvait pas encore les considérer officiellement comme des jeux de hasard. « Compte tenu de la diversité des « loot boxes », il n’est pas possible d’avoir une position globale du point de vue de cette définition qui exige pour caractériser un jeu d’argent la combinaison d’une offre au public, d’un sacrifice financier et d’une espérance de gain » précisait-il dans sa lettre.

Quant au PEGI, l’organisme européen qui s’occupe d’évaluer les catégories d’âges auxquelles s’adresse les jeux vidéo, il n’est pas question de considérer les loot box comme des jeux de hasard. L’organisme s’était déjà exprimé sur le sujet à la fin de l’année dernière, au micro d’Eurogamer. « Les caisses de butin ne sont actuellement pas considérées comme des jeux de hasard. Vous recevez toujours quelque chose quand vous les achetez, même si ce n’est pas ce que vous espérez. Pour cette raison, le système de caisse de butin ne correspond pas à un jeu de hasard ou d’argent classique ».
La France, au contraire de la Belgique, n’ayant ouvert aucun type d’enquête du genre, les loot box devrait donc continuer à prospérer dans les jeux vidéo encore un petit moment. Jusqu’au prochain scandale du genre ?