L’Europe s’entend autour d’un système d’alerte attentat par SMS

Sécurité

Par Elodie le

Alors qu’en France, l’application « Alerte attentat » est abandonnée, les 28 États membres ont trouvé un terrain d’entente pour mettre au point un « système de transmission des avertissements publics aux citoyens sur les téléphones mobiles », sur le modèle du numéro d’urgence européen 112.

 

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Les négociateurs du parlement européen et le Conseil européen représentant les 28 états membres de l’Union européenne sont parvenus à un accord provisoire dans la nuit de mardi à mercredi pour mettre en œuvre un système d’alerte attentat par SMS et envoyé à l’ensemble des citoyens européens en cas d’attaque terroriste, mais aussi de catastrophe naturelle. La création de ce dispositif s’inscrit dans le cadre de l’accord, plus large, sur les télécoms. L’objectif premier est évidemment « d’accroître la protection des citoyens de l’Union », indique la Commission européenne.

Un 112 inversé

Sera donc déployé « un système de transmission des avertissements publics aux citoyens sur leurs téléphones mobiles ». « Il permettra aux citoyens et aux voyageurs d’être informés des menaces imminentes ou en cours dans la zone où ils se trouvent. »

L’idée d’un tel système est à l’initiative des eurodéputés et s’inspire du modèle du numéro d’urgence européen, un « 112 inversé ». Le 112 peut être appelé depuis n’importe quel téléphone fixe ou mobile en Europe pour joindre la police, les pompiers ou une ambulance. Ce système d’alerte fonctionnera géographiquement et ne préviendra que les personnes concernées.

L’échec de l’app SAIP

En France, le gouvernement a préféré mettre en sourdine SAIP (lancée en marge de l’Euro 2016) après une série de dysfonctionnements et une pluie de critiques. L’application alerte attentat est désactivée depuis le 1er juin. Après l’échec des négociations engagées avec les opérateurs pour financer un réajustement du service (envois de SMS d’alerte géolocalisés justement), le gouvernement a préféré nouer des partenariats avec les géants du web Google, Facebook et Twitter afin d’informer la population via les réseaux sociaux. L’idée est de toucher le plus grand nombre de personnes en un temps réduit.

Sur Twitter, le compte @Beauvau_Alerte permettra aux autorités de diffuser des informations fiables et en temps réel que les abonnés recevront sous forme de notifications. En outre, un bandeau spécial sera placé au sommet du fil d’actualité sur Twitter en cas d’événement prioritaire.

Le Safety Check de Facebook sera également mis à contribution et permettra aux membres de la plateforme localisés dans un secteur en crise de se signaler en sécurité.

Pas avant deux ans

Bruxelles précise également qu’il sera « possible d’envoyer des alertes via des applications mobiles, et des outils de géolocalisation seront utilisés pour mieux localiser l’usager. Les États membres auront 18 mois pour mettre en place ce dispositif après la transposition ».

Avant son déploiement, l’accord sur les télécoms doit être adopté puis transposé dans les législations nationales. Ce qui prendra du temps. Ce n’est qu’ensuite, que les 28 États membres auront un peu plus d’un an pour mettre en place le système du 112 inversé. Ce dispositif existe depuis le 8 novembre 2012 aux Pays-Bas.

Source: Europe 1