Après l’amende de Bruxelles, Google menace de rendre Android payant

Android

Par Elodie le

Il faisait peu de doute que le géant californien allait répondre à l’attaque de la Commission européenne. Après avoir annoncé faire appel de la décision, Google menace de rendre son système d’exploitation payant. Coup de bluff à O.K. Corral !

The interships

Peu avant l’annonce de la sentence de la Commission européenne concernant ses accusations de position dominante à l’encontre de Google et son OS maison Android, des questions se posaient sur l’avenir de son business model.

En effet, si le système d’exploitation est open source et gratuit, la firme finance son entretien et ses mises à jour grâce à l’accord MADA (Mobile Application Distribution Agreement) passé avec tous les constructeurs souhaitant proposer Android. Cet accord leur octroie le droit d’utiliser tout ou partie d’un package de 11 applications Google (Chrome, Search, Gmail , Maps, Drive, YouTube, Play Store, Play Music, Play Movies, Photos, Duo). Libre à eux d’en proposer une ou plusieurs par défaut sur leurs terminaux.

MADA dans le viseur

Toutefois, comme le précise Google, cet accord MADA n’est pas obligatoire : les constructeurs peuvent très bien utiliser Android sans prendre le pack Google. Mais sans accord, ils ne pourront proposer aucune des 11 applications du pack sur leur smartphone. Connaissant la popularité de certaines d’entre elles, le choix est cornélien, mais semble joué d’avance.

Dans sa décision condamnant Google à une amende record de 4,34 milliards de dollars pour abus de position dominante, la Commission juge l’accord MADA illégal, car contraire aux règles de la libre concurrence. Elle demande donc au géant de la recherche de cesser ses « pratiques illégales ».

Pour Bruxelles, avec ses applications installées par défaut, le mobinaute ne prendra pas le temps d’en chercher d’autres. Pour Google, le consommateur est libre et peut facilement cacher ses applications (mais pas les désinstaller) et opter pour des alternatives. Selon le PDG de Google, Sundar Pichai, un utilisateur Android va « installer environ 50 applications lui-même » et peut facilement supprimer les applications préinstallées (pas sur mon smartphone pourtant).

Et à la fin, c’est le consommateur qui trinque ?

Dans ce billet de blog en forme de retour à l’envoyeur, Pichai menace subtilement mais directement les consommateurs, les fabricants et la Commission européenne qui condamne et demande l’arrêt des « pratiques illégales » de Google sans donner le début du commencement d’une piste.

« Si les fabricants de téléphones et les opérateurs de réseaux mobiles ne pouvaient pas inclure nos applications sur leur large gamme d’appareils, cela perturberait l’équilibre de l’écosystème Android », précise Pichai. Explicitant son propos : « Jusqu’à présent, le modèle économique d’Android nous a permis de ne pas facturer les fabricants de smartphones pour notre technologie, ou de dépendre d’un modèle de distribution étroitement contrôlé. »

 Nous sommes préoccupés par le fait que la décision d’aujourd’hui va bouleverser l’équilibre prudent trouvé avec Android et qu’elle envoie un signal troublant en faveur des systèmes propriétaires sur les plateformes ouvertes.

Tu bluffes Martoni !

Si Mountain View renonce à cet accord, Google tire un trait sur de substantiels revenus et les millions de données personnelles d’internautes et mobinautes issus de ses applications. Pas de données, pas de revenus publicitaires. Les revenus publicitaires issus du mobile représentent aujourd’hui plus de 50% des revenus publicitaires nets de la firme. Google devrait alors repenser totalement, du moins en grande partie, son écosystème Android.

Mais il semble peu probable que Pichai mette ses menaces à exécution, Google et ses applications star, YouTube ou son moteur de recherche par exemple, captent une part de marché considérable dans le monde. Même en cas de dégroupement, il semble peu probable que les consommateurs se détournent de ces applications adoptées à travers le monde. La partie de poker menteur continue…