Le World Wide Web a 30 ans, beaucoup de défauts, mais son créateur veut continuer d’y croire

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Par Henri le

Le World Wide Web a désormais trente ans et a déjà changé le monde. Tim Berners-Lee, un de ses principaux créateurs, veut croire que les problèmes inhérents au réseau vont se résoudre.

Tim Berners-Lee / Crédits : Paul Clarke/Wikimedia Commons

L’année 1989 marque l’acte de naissance du World Wide Web, qui sera ensuite rendu public en avril 1993. En imaginant un système de gestion décentralisée de l’information (apparu plusieurs années après Internet), le Britannique Tim Berners-Lee initie une révolution.

Ce chercheur, qui travaillait au centre de calculs du Cern (organisation européenne de recherche nucléaire) de Genève, avait à l’époque l’intention de faciliter le partage des travaux de l’organisation aux scientifiques du monde entier. Il est rapidement rejoint par Robert Cailliau, un ingénieur belge qui va l’aider à mettre en place et diffuser son invention.

Son invention repose sur le langage HTML pour représenter des pages web. Ce dernier permet d’écrire de l’hypertexte et de mettre en forme des pages pouvant contenir du contenu multimédia comme des images, de la vidéo ou des programmes informatiques.

Crédits : Facebook

Trente ans plus tard, cette autoroute de l’information est devenue tentaculaire. Les deux compères ont légué leur invention au domaine public, et le web est devenu en eldorado concurrentiel qui a permis l’avènement de géants qu’il semble aujourd’hui impossible de voir disparaître.

Crédits : Amazon

Si certaines initiatives comme l’encyclopédie libre Wikipedia ou le principe de l’open source sont à mettre au crédit des belles avancées, le poids des GAFAM pèse sur la liberté et la neutralité du net. Berners-Lee évoque cette question dans une lettre qu’il a publiée aujourd’hui.

Il y admet que le réseau actuel a beaucoup de problèmes. Entre le harcèlement en ligne, le hacking étatique et le développement des comportements criminels, le web peut être utilisé de façon néfaste. Il s’inquiète des dérives liées au modèle publicitaire qui récompense le « clickbait » ou encore de la propagation alarmante des fake news. Un constat plutôt morose même s’il estime que son invention est encore jeune et peut changer en bien.

« Quand on voit comment le web a changé en seulement 30 ans, il serait défaitiste de penser qu’il ne peut pas s’améliorer sur les 30 prochaines années. Si on abandonne le projet de construire un meilleur réseau maintenant, ce n’est pas le web qui n’aura pas été à la hauteur. C’est nous qui n’aurons pas été à la hauteur du web. […] Le web est pour tous le monde et nous détenons ensemble le pouvoir de le changer. Cela ne sera certainement pas facile. Mais si on rêve un peu, et qu’on travaille beaucoup, nous pouvons avoir le réseau que nous voulons vraiment. »

Comment comprendrons-nous cet avertissement dans 30 ans ? Berners-Lee et plusieurs acteurs du net évoqueront ces question aujourd’hui à 18h dans une conférence organisée par le CERN.