Des chercheurs découvrent des formes de vie capables de respirer de l’arsenic

Science

Par Amandine Jonniaux le

Des chercheurs travaillant au large des côtes mexicaines ont récemment découvert des preuves d’une forme de vie microbienne capable de respirer sans oxygène, grâce à l’arsenic présent dans l’eau.

Crédits Arek Socha via Pixabay CC

Plusieurs milliards d’années avant notre ère, la Terre n’abritait que quelques organismes unicellulaires. Une première forme de vie qui, ne bénéficiant pas d’un taux d’oxygène suffisamment élevé, a dû apprendre à survivre en consommant d’autres formes d’énergie présentes en plus grande quantité, comme l’azote, le soufre, ou encore l’arsenic. Si l’élément chimique connu sous la référence As est considéré comme un poison pour la plupart des créatures terrestres vivant aujourd’hui, les premiers êtres organiques présents sur Terre auraient ainsi pu respirer grâce à l’arsenic.

“L’idée que des organismes pourraient utiliser l’arsenic pour rester en vie, étaye l’hypothèse de l’existence d’un tout nouveau métabolisme  – Gabrielle Rocap, coauteur de l’étude

Une nouvelle étude publiée cette semaine sur le site du PNAS (Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America) révèle en effet la présence de vie microbienne dans des zones marines déficientes en oxygène (ZDO). Les chercheurs soupçonnent ainsi les micro-organismes présents dans ces types d’environnements d’être capables d’assimiler l’arsenic. Une capacité qui a progressivement (presque) disparu de la surface de la planète, notamment grâce au chargement de la Terre en oxygène grâce à la photosynthèse.

Les requins le tolèrent

Les microbes ne sont pas les seuls à être vraisemblablement insensibles à l’arsenic. Les grands requins blancs ne l’assimilent pas mais le tolèrent : il a en effet été démonté qu’ils restaient en bonne santé malgré une forte présence de métaux lourds, et même d’arsenic dans leur système sanguin. Une immunisation vraisemblablement due à leur consommation régulière d’organismes pollués.

Pour le moment en simple phase d’observation dans leur environnement naturel, ces micro-organismes vivants grâce à l’arsenic devraient bientôt être mis en culture afin d’être analysés plus en détail en laboratoire. Un processus qui devrait permettre de mieux comprendre le fonctionnement de leur cycle respiratoire.

Source: PNAS