Microsoft avoue utiliser des sous-traitants pour écouter les conversations Skype

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Par Henri le

La protection de la vie privée est toujours un sujet d’actualité et Microsoft vient d’être pris la main dans le sac à cause de Skype, son célèbre outil de chat.

Google, Amazon, Apple et maintenant Microsoft. Les géants de la Silicon Valley sont sans cesse épinglés pour leur non-respect de la vie privée, comme c’est de nouveau le cas ici. La firme de Redmond a en effet confirmé que certaines conversations d’utilisateurs de Skype étaient écoutées et traitées par des sous-traitants. Une divulgation de taille, qui fait suite à une enquête du site Motherboard (via Vice).

Dans cette dernière, on apprend que ces prestataires peuvent travailler de chez eux et reçoivent des dialogues à traiter. Microsoft précise recueillir « des données vocales pour fournir et améliorer des services de recherche, de commandes vocales, de dictée ou de traduction ». C’est en effet grâce à ces conversations « live » et non formatées qu’ils peuvent proposer des traductions plus précises.

L’entreprise se défend d’ailleurs en expliquant qu’elle obtient l’autorisation au préalable des utilisateurs. De plus, elle a tenu à ajouter qu’elle supprimait toutes les informations concernant l’identité des usagers avant de les envoyer aux sous-traitants.

Cela n’a cependant rien de très rassurant. Motherboard précise que les discussions en question pouvaient toucher à des sujets intimes et sensibles. Un des prestataires anonymes précise par exemple avoir entendu des séances de « phone sex » ou des clients entrer leur adresse complète et détaillée en utilisant les commandes de Cortana. Les requêtes concernant l’assistant vocal de la firme sont donc aussi concernées, ce qui fait penser à une récente histoire similaire qui s’était déroulée avec Siri, Google Assistant…. Et Alexa. Au moins, il était possible de refuser les écoutes en se rendant dans les paramètres.

Selon Pat Walshe, un activiste du groupe Privacy Matters cité dans l’article, « le marketing autour de Skype Translator fait référence à un traitement des données par une intelligence artificielle et pas un humain. Il faut absolument un examen de la réglementation sur toute cette question ».

Microsoft a expliqué que le nécessaire serait fait pour que les utilisateurs soient mieux au courant de ces pratiques. Un peu tard, tout de même.