Des chercheurs français trouvent un traitement pour prémunir les plantes de la sécheresse

Science

Par Felix Gouty le

Grâce à une molécule produite naturellement par les plantes, des chercheurs français ont mis au point un traitement pour les rendre plus résistantes à la sécheresse.

Avec le réchauffement climatique, la sécheresse impacte chaque année un nombre croissant de plantes et donc d »agriculteurs. Des chercheurs français de l’Institut de biosciences et de bio-technologies d’Aix-Marseille (BIAM) du CEA ont identifié le rôle d’une molécule commune chez les plantes et comment l’exploiter afin de rendre ces dernières plus résistantes à la sécheresse. La synthèse de leurs découvertes et expériences a été publié dans la revue ouverte iScience.

L’acide bétâ-cyclocitrique est issue directement du métabolisme des plantes pratiquant la photosynthèse (la synthèse de matières organiques grâce à l’énergie lumineuse). Une fois produit, il joue le rôle de signal d’alarme pour prévenir leur organisme d’une forte augmentation de la température ou d’une sécheresse prolongée. Pour y parvenir, il entraîne une cascade de réactions incitant la plante à résister beaucoup plus longtemps à la privation d’eau qu’à l’accoutumée. Les chercheurs du BIAM ont réussi à l’utiliser comme traitement préventif et ont déjà déposé un brevet.

En effet, toutes les plantes traitées avec une solution contenant l’acide bétâ-cyclocitrique testées par Michel Havaux et son équipe ont résisté à une sévère privation d’eau. Mieux encore, parmi elles, les plants de tomates ont même produit des fruits plus gros et en plus grande quantité ! L’avantage de ce traitement réside dans les propriétés naturelles de cette molécule. Elle est soluble dans l’eau, est non-toxique à forte dose pour les plantes traitées et surtout peut être facilement synthétisée. De plus, elle est biodégradable. Elle peut donc être incorporée à n’importe quel système d’arrosage ou d’irrigation classique. Des expériences complémentaires restent à faire pour prouver l’efficacité de ce traitement en plein champ et chez des céréales, comme le blé, plantes les plus cultivées et donc les plus à même de le recevoir.