Le streaming vidéo représente 1% du total des émissions de CO2 sur Terre

Science

Par Felix Gouty le

102 millions de tonnes de CO2 serait l’émission, à l’échelle planétaire, due au streaming vidéo. Qu’elle soit sur Netflix, YouTube ou un site pornographique, n’importe quelle vidéo est aujourd’hui hautement consommatrice d’énergie.

Alors que les aficionados de films et de séries s’apprêtent à accueillir de nouvelles plate-formes SVOD à leurs abonnements mensuels, comme Disney+, le « think-tank » écologique français, Shift Project, tire la sonnette d’alarme sur leur impact écologique à venir. Dans son dernier rapport en juillet 2019, intitulé « Climat : l’insoutenable usage de la vidéo en ligne », l’association mettait en lumière les conséquences du streaming sur les émissions globales de CO2. Si la consommation énergétique du numérique sous toutes ses formes représente quelques 4% des émissions de gaz à effet de serre, celle liée aux vidéos en ligne serait responsable du quart de ces 4%, soit l’émission de 102 millions de tonnes de CO2.

En quoi regarder une vidéo dématérialisée influencerait le réchauffement climatique ? « La vidéo digitale, ce sont des fichiers très lourds (qui demandent) plus d’énergie pour maintenir un système prêt à streamer cette vidéo vers votre appareil dans la seconde », a expliqué aujourd’hui à l’AFP Gary Cook, expert américain du sujet pour Greenpeace. En effet, la pratique d’un streaming satisfaisant pour le consommateur induit une consommation énergétique en constante augmentation à plusieurs échelles : de la part de ses propres équipements comme celle des serveurs des plate-formes diffusant les vidéos. L’influence des modes de lecture automatique et des algorithmes de recommandation jouant sur le « binge watching » n’est pas anodine. Du total des émissions carbonées provoquées par le streaming, 12% proviendraient directement de YouTube, contre 11,4% de Netflix. Outre l’effet donc majoritaire, à 34%, des plate-formes telles que Netflix, 27% des émissions émaneraient du visionnage de vidéos pornographiques, 21% de vidéos virales en tout genre et 18% d’autres usages en particulier en rapport avec les réseaux sociaux, comme Facebook Watch.

Pour lutter contre cet « insoutenable » influence du streaming, le Shift Project préconise principalement la prévention et la responsabilisation. Le groupe est notamment le développeur d’un module pour navigateur web, le Carbonalyser, qui évalue la consommation énergétique en fonction des choix de navigation de l’utilisateur. Laurent Lefevre, chercheur à l’Institut national de recherche en sciences du numérique interrogé par l’AFP, souligne que « le pire est de regarder une vidéo sur un téléphone mobile en 3G. Il vaut mieux regarder chez soi avec une connexion en fibre optique ».