Des chercheurs proposent de supprimer tous les fuseaux horaires

Science

Par Felix Gouty le

Alors que la France vient de passer à l’heure d’hiver peut-être pour l’une des dernières fois de son histoire, deux chercheurs se posent la question de l’utilité des fuseaux horaires et du bénéfice d’un temps universel.

Alors que géographiquement elle se situe à la même longitude que l’Angleterre, l’Espagne n’est pas soumise au même fuseau horaire (dit de Greenwich). Tandis qu’en Russie, l’heure se détermine selon sept fuseaux possibles, l’heure chinoise, elle, n’en respecte qu’un. La Corée du Nord et la Corée du Sud ont même choisi de fusionner leurs deux fuseaux horaires respectifs dans un geste purement politique. Autrement dit, les fuseaux horaires ne sont pas une méthode pertinente de détermination du temps partout dans le monde. Sommarøy, une petite île norvégienne, s’est même débarrassé de son fuseau horaire en juin 2019 pour des raisons touristiques. Elle évaluera son temps selon la saison – soit un été très court et un hiver très long – sans heures précises sur lesquelles se baser. Quant à la France, malgré le désir de la majorité de ses habitants de conserver une heure fixe tout au long de l’année, elle est à nouveau passée en heure d’hiver il y a quelques jours – une alternance annuelle qui dura au moins jusqu’en 2021.

Fort de ces changements déjà effectués ou programmés, un excellent article de Wired repéré par nos confrères de Slate se pose la question de l’abolition pure et simple du système de fuseaux horaires. 15 degrés longitudinaux, dont le point médian correspond au Méridien de Greenwich, distribuent les fuseaux horaires afin de respecter des jours de 24h quelle que soit l’exposition solaire partout sur la planète. Deux professeurs de l’université Johns-Hopkins de Baltimore, l’astronome Dick Henry et l’économiste Steve Hanke, ont formulé en 2011 un calendrier mondial conservant la journée de 24h et reflétant un temps universel pour tous les habitants de la planète. Composé de mois de 30 ou 31 et d’une semaine supplémentaire de sept jours tous les 5-6 ans, le « calendrier permanent Hanke-Henry » instaurerait une même heure à un même temps donné partout sur la planète. Tandis qu’en France, à 17h, les travailleurs quitteraient leurs bureaux, à la même heure inchangée, les New-Yorkais commenceraient à se demander ce qu’ils pourraient bien manger au déjeuner. Le bénéfice de ce système résiderait surtout dans le fait de laisser les rythmes circadiens locaux, en fonction du Soleil, décider du rythme de vie de chaque zone géographique sur Terre, et non les heures. Dans un monde totalement interconnecté par le flux constant des réseaux sociaux, « nous vivons tous en même temps désormais, affirme Steve Hanke. Nous devrions donc tous calibrer nos montres à la même heure ».