Des scientifiques créent une pilule contraceptive à prendre une fois par mois

Science

Par Felix Gouty le

En forme d’étoile, cette pilule pourrait constituer une alternative à la contraception orale quotidienne classique : elle serait efficace pendant un mois !

Les pilules contraceptives actuelles.

“Nous espérons que notre travail bénéficiera à la mise en place de nouveaux traitements médicaux pour la santé des femmes”, déclare Robert Langer, professeur à l’Institut de Technologie du Massachussetts (MIT), dans un communiqué. Ses collègues ont inventé la première pilule offrant une contraception d’une durée d’un mois. Elle pourrait constituer une véritable alternative, a priori moins contraignante, aux pilules quotidiennes. Cette pilule mensuelle se présente sous la forme d’une étoile à six branches de seulement quelques centimètres de diamètre. Les branches sont regroupées, collées les unes aux autres, pour former un cachet. Une fois la pilule ingérée, elles se déploient et s’ancrent dans l’estomac. La pilule peut rester à l’intérieur dans l’estomac pendant plusieurs semaines. L’acide gastrique dissout progressivement les différentes couches de polyuréthane constituant les bras. Les produits hormonaux médicaments se diffusent donc au fil des jours dans l’estomac qui digère petit à petit la pilule. Le socle central est composé d’un autre type de polyuréthane, encore plus résistant à l’extrême acidité de l’estomac. Trois à quatre semaines après l’ingestion, la digestion des branches vidées de leur contenu parvient à déconstruire la pilule étoilée. Cette dernière rejoint alors les intestins pour finaliser sa digestion. Un schéma résume le processus ci-dessous :

La nouvelle méthode contraceptive développée par le MIT.
Schéma du parcours de digestion de la pilule contraceptive mensuelle (Crédits : MIT / Lyndra Therapeutics).

Les chercheurs du MIT – dont les expériences ont été financées par la Bill & Melinda Gates Foundation – attestent que leur invention est efficace. Chez le porc, son effet est identique à celui de la prise quotidienne de pilules contraceptives classiques. Robert Langer et son équipe préparent déjà la mise en place d’essais sur des humains. Ils pensent pouvoir tester leur pilule sur des femmes volontaires d’ici trois ou cinq ans. Ces scientifiques ne sont pas à leur première découverte : ils auraient aussi développé des techniques similaires pour proposer des alternatives aux traitements contre le VIH ou le paludisme.