Pollution : les particules ultrafines pourraient déclencher des crises cardiaques

Science

Par Felix Gouty le

Les particules ultrafines de l’air pollué des grandes villes ne sont pas seulement un danger pour nos poumons, mais aussi pour notre cœur. C’est la conclusion d’une récente étude d’ampleur inédite.

Crise cardiaque.
Crédits : Pexels / Pixabay.

La pollution n’affecterait pas seulement le système respiratoire mais aussi le cœur. Des chercheurs de l’université de Yale se sont intéressés à l’impact d’un certain type de particules provenant de la pollution urbaine sur le cœur. Ces particules invisibles à l’œil nu, appelées ultrafines, mesurent une centaine de nanomètres. Elles sont émises en majorité par les pots d’échappement des véhicules à moteur thermique. Elles comptent aussi parmi les principaux indicateurs du taux de pollution de l’air ambiant d’une ville. Pour vérifier si oui ou non il peut y exister une corrélation entre exposition à des particules ultrafines et crises cardiaques, les scientifiques ont étudié les relevés de concentrations des premières avec les rapports médicaux des secondes à Augsburg, une ville d’Allemagne. Leurs conclusions – les premières du genre sur le sujet – ont été publiées dans la revue Environmental Health Perspectives.

Les chercheurs ont analysé les informations attachées à près de 6000 crises cardiaques, ou infarctus du myocarde, non-fatales subies entre 2005 et 2015. Ils se sont surtout concentrés sur les dates et heures du déclenchement de chaque attaque cardiaque afin de les comparer aux relevés de pollution de l’air correspondants. Ils ont remarqué qu’une augmentation du nombre de particules ultrafines détectées, de leur taille et/ou de leur concentration par unité de surface, coïncidaient bien avec une augmentation du nombre de crises cardiaques. Cette augmentation serait comprise entre 3 et 6%. Ils ont surtout constaté que ce phénomène se produisait relativement vite : plus exactement, dans une intervalle de six heures entre le relevé de pollution et l’heure correspondant à une crise. “L’exposition temporaire à des particules ultrafines semble être capable de déclencher des infarctus du myocarde non léthaux”, conclut clairement l’étude scientifique. Les chercheurs souhaitent désormais savoir si l’association de pollution de l’air et augmentation de température joue sur le risque de crise cardiaque. Avec cette approche, ils pensent pouvoir identifier quels groupes de personnes sont plus vulnérables que d’autres et ainsi proposer des mesures de santé préventive.

Source: EnGadget