TSMC fermerait ses portes à Huawei : la fin des SoC Kirin ?

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Par Remi Lou le

TSMC, qui fabrique actuellement les SoC de bon nombre de constructeurs, n’accepterait plus aucune commande provenant du géant chinois Huawei. La décision aurait été prise après la série de mesure récemment annoncée par les États-Unis, qui souhaitent écarter Huawei de toute technologie américaine.

Les décisions américaines dont nous vous informions hier commencent déjà à avoir des répercussions. Pour rappel, le ministère américain du Commerce a récemment annoncé une série de mesure visant à bloquer « les efforts de Huawei pour contourner les contrôles à l’exportation ». Pour ce faire, les États-Unis ont décidé de mettre d’énormes bâtons dans les roues de Huawei, en l’empêchant de se fournir en semi-conducteurs auprès d’entreprises utilisant des technologies américaines. En parallèle, le pays de l’Oncle Sam a courtisé le taïwanais TSMC, actuel producteur des SoC Kirin de Huawei, mais aussi des puces AX d’Apple, en annonçant la création d’une nouvelle usine à 12 milliards de dollars sur le sol américain. On apprend aujourd’hui dans les colonnes du Nikkei Asian Review que TSMC aurait décidé ne plus accepter de nouvelles commandes de Huawei jusqu’à nouvel ordre. Les commandes en cours seront maintenues, avec une date de livraison limite planifiée au 14 septembre prochain. Si cette information s’avère réelle, cela signifierait que Huawei, numéro deux mondial en termes de ventes de smartphones, ne pourrait plus faire fabriquer ses SoC mobiles, les Kirin. Cela n’impacterait pas que sa production de smartphone, puisque Huawei, également numéro un mondial des équipements télécoms, utilise ses puces dans ses serveurs cloud.

Pas d’alternative

La décision de TSMC de ne plus fournir Huawei aurait de lourdes conséquences, puisque le géant chinois se retrouverait ainsi sans alternative valable. Pour l’heure, la seule autre entreprise capable de graver des puces en 7 nm n’est autre que le sud-coréen Samsung, un pays lui aussi allié des États-Unis. Il reste bien Intel, mais cette solution semble absolument inenvisageable puisque l’entreprise est américaine. Les seules alternatives de Huawei pourraient donc être des fondeurs chinois, mais ils sont, hélas, bien en retard. SMIC, le fondeur le plus avancé en Chine, n’est capable de graver qu’en 14 nm, quand Hua Hong, juste derrière, grave en 90 nm… bien loin de l’exigence des 7 nm des derniers SoC Kirin de Huawei. Si cette information se confirmait, Huawei n’aurait donc plus aucun choix valable pour se fournir en semi-conducteurs. C’est sans compter sur les sanctions américaines de l’an dernier, qui empêchent Huawei de collaborer avec des entreprises américaines, et qui prive toujours les derniers smartphones de la marque des services de Google. Ces sanctions ont par ailleurs été rallongées d’une année supplémentaire, jusqu’en 2021.

Vers des représailles ?

La suite des événements pourrait prendre une toute autre tournure. Huawei pourrait se reposer sur le gouvernement chinois afin que celui-ci punisse, à son tour, les États-Unis. D’après le Global Times, la Chine préparerait déjà sa riposte, et pourrait établir une « liste noire » d’entreprises américaines, telles qu’Apple ou Qualcomm. Bien que ces informations précoces restent encore à prendre avec des pincettes, on imagine bien que Pékin ne devrait pas laisser Huawei sombrer sans rien faire. En parallèle, ces multiples décisions américaines vont probablement pousser le Chine à développer à vitesse éclair les technologies qui lui manquent actuellement, de façon à devenir totalement indépendante des États-Unis à l’avenir.