Des chercheurs parviennent à espionner une conversation… en observant une ampoule

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Par Antoine Gautherie le

Une équipe de chercheurs de l’université Ben Gurion et du Weizmann Institue of Science a développé une technique permettant de capter un signal sonore à partir des variations lumineuses qu’il provoque.

© Colin Behrens – Pixabay

Voilà le genre de nouvelles qui pourrait bien en faire frémir certains. Alors que les problématiques concernant la confidentialité et la vie privée sont plus que jamais source de frictions, voilà que des chercheurs sont viennent ajouter une couche à la paranoïa ambiante en parvenant à écouter des conversations… à travers une simple ampoule ! Il existe déjà de nombreux autres moyens bien moins compliqués et moins chers d’espionner quelqu’un à distance. Aujourd’hui, le bon vieux mouchard des polars à l’ancienne a été remisé depuis des lustres, car tombé en désuétude. Quand elle n’utilise pas du matériel de transmission de pointe, la surveillance à distance est bien souvent devenue l’affaire des hackers. Mais toutes ces méthodes ont un point commun : elles exigent un accès à la cible, qu’il soit physique ou via un réseau informatique.

“Vous entendez quelque chose?” – © Martin Grandchamp

C’est là que cette nouvelle technologie (baptisée Lamphone) frappe un grand coup : non seulement elle est efficace à longue distance, mais elle ne nécessite aucune intervention ni physique, ni sur les systèmes informatiques du bâtiment cible. Seuls trois objets sont nécessaires : un télescope, un ordinateur et un capteur électro-optique, pour un total de quelques centaines d’euros.

Une expérience insolite…

Et c’est là que le système devient intéressant. Si vous observez une lumière de loin et que quelqu’un la cogne, vous observerez un changement de luminosité temporaire. Jusque là, rien de compliqué. Mais il se trouve qu’il est possible de capter des variations bien plus ténues, complètement imperceptibles par l’œil humain. Et justement, l’un des facteurs capables de provoquer ces changements infimes n’est autre que… la voix ! En effet, les ondes sonores peuvent se comporter de la même façon et faire bouger la source lumineuse. À l’aide d’un capteur suffisamment sensible, il est donc possible non seulement de capter les minuscules changements d’éclairement, et même de reconstituer le son qui a causé ces micro-variations.

À l’aide d’un télescope situé à 25m d’une fenêtre, les chercheurs ont ainsi pu capter deux extraits sonores. Le premier, Let it Be des Beatles, a été capté assez clairement pour être reconnu par Shazam. le second,  un speech de Donald Trump, a lui-aussi été retranscrit assez fidèlement pour être compris par Google Speech. Vraiment impressionnant, en l’absence de micro traditionnel !

… mais loin du dernier gadget de James Bond

Avant d’aller minutieusement dévisser chaque loupiote de votre chez-vous avec un regard suspicieux, rassurez-vous : on reste sceptique sur les applications potentielles d’un tel système en terme de sécurité. En effet, on peut s’attendre à ce qu’un bâtiment sensible, où circulent des informations importantes, n’aurait pas exactement pignon sur rue au point de permettre à l’objectif d’un télescope de s’y inviter. C’est pourtant indispensable à ce système, qui ne peut pas fonctionner sans un accès visuel direct et une lampe allumée… Cela demande déjà un concours de circonstances pour une pièce à vivre standard, et semble carrément inenvisageable dans le cadre d’un “vrai” espionnage. Soyez tranquille : ce n’est pas demain que votre ampoule se mettra à vous écouter !

Source: Gizmodo