Twitch contraint de détailler ses mesures contre le harcèlement sexuel

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Par Remi Lou le

Après le #TwitchBlackOut, une journée durant laquelle de nombreux utilisateurs ont boycotté la plateforme afin de dénoncer le harcèlement sexuel qui sévit sur Twitch, la firme vient d’expliquer plus en détail la façon dont elle lutte contre ce fléau.

Crédits : JDG

Twitch est régulièrement pointé du doigt dans sa gestion du harcèlement à l’encontre de joueuses. Depuis plusieurs années, de nombreuses joueuses témoignent en effet des problèmes qu’elles rencontrent, mais c’est surtout au cours de ces derniers jours que la parole s’est plus largement déliée. Sur les réseaux sociaux, de nombreuses utilisatrices de la plateforme ont pris la parole, tour à tour, afin de livrer leur témoignage. D’après un article du New York Times paru il y a deux jours, près de 70 témoignages avaient déjà été relayés en seulement quelques jours, poussant Twitch à réagir publiquement en postant un communiqué à ce sujet sur son compte Twitter officiel.

Mais plutôt que d’apaiser la situation, ce communiqué a eu l’effet inverse. Immédiatement, la lutte s’est organisée afin de pousser la plateforme à prendre des mesures concrètes contre les harceleurs qui y sévissent. Cela s’est matérialisé par le #TwitchBlackOut, une journée de boycott de la plateforme, qui s’est tenue le mercredi 24 juin, et pendant laquelle les participants étaient invités à ne pas se connecter à la plateforme, streameurs comme spectateurs.

Le #TwitchBlackOut a-t-il fait bouger les choses ?

Après ce mercredi, Twitch a publié un nouveau communiqué sur son blog, dans lequel il explique plus en détails sa position sur le harcèlement et comment il lutte contre. La firme affirme qu’elle prend en compte chaque alerte de ses utilisateurs et les examine « aussi vite que possible ». Mais si Twitch affirme examiner chaque demande, c’est aussi plus de temps qui s’écoule pour les victimes avant qu’une décision ne soit actée. Aussi, Twitch indique que les tentatives de harcèlement ou d’intimidations à l’encontre de ces utilisatrices se passent régulièrement en marge de la plateforme, ce qui rend la tâche plus ardue.

Si cette réponse de Twitch représente déjà un pas en avant, de nombreuses plaignantes réclament désormais une allocution du PDG de la firme, Emmett Shear. Peu avant le #TwitchBlackOut, la streameuse Starling avait en effet dénoncé son comportement, affirmant qu’il aurait détourné et ignoré la question du harcèlement sur la plateforme durant une réunion interne. Celui-ci s’est contenté de rendre public un e-mail interne traitant de ce sujet, tout en s’excusant d’avoir pu paraître indifférent à la question du harcèlement, comme l’affirmait la streameuse. Reste que Twitch va devoir procéder à des mesures fortes s’il tient vraiment à redorer son image, fortement entachée par ce mouvement. On pourrait ainsi s’attendre à une vague d’exclusions dans les prochains mois.

Source: Twitch