Port du masque dans la rue : est-ce utile ?

Science

Par Felix Gouty le

Depuis ce matin, il est devenu obligatoire de porter un masque en extérieur dans certaines rues de Paris – comme c’est déjà le cas dans d’autres villes de France. Cette décision s’inscrit suite à une augmentation du nombre de cas mais aussi une connaissance plus précise du comportement du virus de la COVID-19.

Crédits : JC Cards / Pixabay.

Dès aujourd’hui, le port du masque est devenu obligatoire à l’extérieur dans certaines rues de Paris. La capitale française succède ainsi à Toulouse, Nice, La Rochelle ou encore Lille, en la matière, en vertu d’une augmentation du taux de contamination à la COVID-19 en Île-de-France. Dans un communiqué, la Ville de Paris indique que « près de 400 personnes sont chaque jour testées positives à la COVID-19 », précisant que « le taux de tests positifs, s’établit aujourd’hui à 2,4 % en Ile-de-France contre 1,6 % en moyenne nationale. » Depuis 8h ce matin du 10 août, et ce (au moins) pour une durée de un mois, toutes les personnes de 11 ans et plus devront se munir d’un masque dans les rues à forte fréquentation (recensées sur une carte ci-dessous) ainsi que dans les marchés publics, les brocantes et vide-greniers, certaines rues commerçantes, zones piétonnisées, voies et berges. « Le non respect de cette obligation dans les zones concernées sera passible d’une amende de 135€ », prévient la municipalité.

En bleu, toutes les rues de la ville concernées par la nouvelle obligation de port du masque en extérieur (Capture d’écran / Crédits : Ville de Paris).

« Lutter contre la canicule et porter un masque pour lutter contre la maladie »

Selon les dires du virologue et membre du Conseil scientifique, Bruno Lina, interrogé par le journal La Croix, une rue étroite où la population est dense et le vent inexistant peut devenir l’équivalent d’un espace confiné. Pour rappel, c’est dans ce contexte que le coronavirus SARS-CoV-2 se transmet le plus et où le port du masque reste impératif, afin de ne pas éventuellement le propager sans le savoir. En effet, d’après une lettre écrite à l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en juillet dernier par une équipe de plus de 200 chercheurs d’une trentaine de pays, le virus serait bien mieux aéroporté qu’on ne le pensait auparavant. Ses particules virales peuvent survivre aussi bien dans de grosses gouttelettes liquides, tombant au sol après un éternuement ou une quinte de toux, que dans des plus petites et légères, capables de se maintenir quelques instants en suspension dans l’air. La COVID-19 peut être contractée simplement après avoir adressé la parole à un malade dépourvu de masque. Par ailleurs, en cette période de canicule estivale où l’impression de suffoquer et d’étouffer est permanente, Isabelle Bonmarin, responsable de l’unité de prévention des risques infections et environnementaux à Santé Publique France, soulignait précédemment la nécessité de « convaincre les gens à la fois de lutter contre la canicule et de porter le masque pour lutter contre la maladie. »

Source: La Croix