COVID-19 : le mouvement anti-masque grossit tandis qu’une seconde vague se concrétise

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Par Felix Gouty le

A Berlin, plusieurs milliers d’anti-masque revendiqués ont manifesté en dépit des règles de distanciation physique et de port du masque. Masque inefficace ou au contraire dangereux, complot commercial, etc : la mouvance anti-masque s’accentue sur les réseaux sociaux.

Crédits : @leo2014 via Pixabay

Après les complots liant le réseau 5G naissant à la pandémie de COVID-19 en Grande-Bretagne ou encore les mouvements de lutte contre le confinement généralisé aux États-Unis, place aux manifestations anti-masque. Le week-end dernier, à Berlin, plus de 17 000 personnes ont défié les règles de distanciation physique et sociale imposées par le gouvernement allemand. Selon les médias allemands ou américains (comme le New-York Times, ci-dessous), cette manifestation a réuni aussi bien des membres du mouvement anti-vaccin que des militants d’extrême-droite – évidemment, tous sans masque. Parmi eux, des complotistes anti-masque étaient à la tête de ce courant protestataire envers les restrictions, notamment du port du masque obligatoire dans les lieux publics. Cette journée de mobilisation surnommée « La fin de la pandémie – Jour de la liberté » a été vivement condamnée par le gouvernement d’Angela Merkel. « Les images que nous avons vues ce week-end sont inacceptables et le comportement de beaucoup de manifestants n’est absolument pas justifié », a déclaré Ulrike Demmer, la porte-parole de la chancellerie, selon France Info.

En France, depuis le 20 juillet, le port du masque est devenu officiellement obligatoire dans tous les lieux publics clos. Selon Le Monde, après plusieurs villes dont Lille, Toulouse ou encore Nice, Paris pourrait bientôt décrété le port du masque en extérieur dans les zones les plus fréquentées de la capitale. Cette accentuation des règles d’hygiène s’appuie évidemment sur une « augmentation réelle de la circulation virale, que ce soit chez les cas symptomatiques ou chez les cas asymptomatiques », prévient aujourd’hui Santé Publique France. Sur le web, d’après une enquête de LCI, les anti-masque parlent aussi bien d’inefficacité du masque que de complot gouvernemental. Pour le premier argument, certains estiment qu’il empêche de respirer et est donc dangereux ou, à l’inverse, qu’il est trop peu filtrant et, pour « preuve », laisse passer même la fumée de cigarettes. Pour rappel, comme nous l’expliquait Olivier Gibert de l’Afnor (Association française de normalisation), “le masque gêne la respiration de part sa fonction de filtration. Si ce n’est pas le cas, c’est qu’il ne réalise pas ce qui est attendu de lui : filtrer l’air inspiré et expiré.”

Capture d’écran d’une publication d’un internaute ouvertement anti-masque, se décrivant comme un « lanceur d’alerte covid-19 ».

Quant à la seconde vague d’arguments, certaines personnes imaginent que le port du masque étendu provient d’une volonté du gouvernement de vendre en masse un trop grand stock de masques, devenu inutile après la « disparition de la COVID-19. » D’autres membres du courant anti-masque interrogent, de manière illogique (comme cet internaute sur Twitter, ci-dessus), l’intérêt même de porter un masque dans certaines situations plutôt que d’autres. D’après Tristan Mendès France, maître de conférence associé à l’Université de Paris spécialisé dans les cultures numériques et interrogé par LCI, il existe majoritairement « deux mouvances : la complosphère et la fachosphère », qui témoignent surtout, selon lui, de l’influence nocive des fake news sur les réseaux sociaux mais aussi d’une « défiance vis-à-vis des discours d’autorité ou d’expertise. » Alors qu’une seconde vague de contamination devient de plus en plus concrète en cette période de vacances, ce genre de discours ne risque malheureusement pas de s’évanouir du jour au lendemain.

Source: LCI