Pfizer affirme que son vaccin est finalement efficace à 95% contre le COVID-19

Science

Par Felix Gouty le

Les laboratoires Pfizer-BioNTech présentent aujourd’hui les résultats finaux des essais cliniques de phase III de leur vaccin anti-COVID-19.

Crédits : HeungSoon via Pixabay

La concurrence entre vaccins n’a jamais été aussi rude, mais surtout aussi flagrante qu’avec ceux formulés contre le COVID-19. Les laboratoires américains Pfizer et BioNTech dévoilent aujourd’hui les résultats finaux des essais cliniques, dits de « phase III », réalisés pour leur vaccin anti-COVID-19. Ce dernier s’avère ainsi « efficace à 95% » contre l’infection au coronavirus SARS-CoV-2. La semaine dernière, les résultats à mi-parcours avaient indiqués une efficacité à 90%. Et il y a seulement quelques jours, le laboratoire concurrent Moderna avait affirmé être parvenu à une efficacité préliminaire de 94,5%.

Mêmes chiffres, mêmes vaccins ?

Si cet enchaînement de chiffres ressemble à un concours pathétique, il n’est pas anodin. En effet, comme le rappelle Futura-Sciences, les vaccins proposés, l’un par Moderna et l’autre par Pfizer-BioNTech, s’appuient sur la même technique. Tous deux injectent un brin d’ARN messager (une forme transcrite de l’ADN, pour faire court) correspondant à la séquence protéique de la protéine Spike, celle-là même qui permet au virus de s’accrocher et de pénétrer dans ses cellules cibles. Cet ARN-m sera reconnu par nos cellules qui le traduiront et fabriqueront ainsi la protéine, inoffensive en elle-même, alors reconnue comme ennemi par notre système immunitaire. Autrement dit, si leur efficacité est sensiblement la même, c’est parce que ces deux vaccins sont par nature très similaires.

En attendant une étude détaillée, qui permettra à la communauté scientifique de le passer au crible, le vaccin Pfizer-BioNTech – appelé BNT162b2 – présente jusqu’ici les résultats les plus prometteurs. Sur 170 patients testés au total (dont 162 dans le groupe placebo ou « contrôle » et seulement 8 à qui le vaccin a été vraiment inoculé), le vaccin aurait montré une efficacité de 95% chez les personnes vaccinées. 10 malades ont présenté des symptômes graves du COVID-19, dont seulement une parmi le groupe vacciné. Pfizer précise, par ailleurs, que son vaccin serait efficace à 94% chez les personnes âgées de plus 65 ans, souvent jugées les plus fragiles. Fort de ces nouveaux résultats, le laboratoire espère donc obtenir rapidement une autorisation d’urgence de commercialisation du vaccin en Amérique du Nord et en Europe. Pour rappel, selon ses estimations, Pfizer pourrait produire 50 millions de doses vaccinales d’ici la fin de l’année 2020 et plus d’1,3 milliard courant 2021.

Le vaccin chinois, une alternative ?

Les laboratoires américains se concentrent sur des vaccins à ARN-m tandis que le vaccin russe Spoutnik-V (encore à l’essai, mais déjà commandé par la Hongrie) se base sur le principe de « vecteur viral » assez proche. Par ailleurs, le duo français Sanofi-Pasteur accuse d’un retard plus conséquent : selon The Conversation, son propre candidat-vaccin en est encore aux phases pré-cliniques. Mais ces derniers jours, un quatrième remède a pointé le bout de son nez, qui capitalise sur une technique vaccinale différente. Le CoronaVac, fabriqué par le laboratoire chinois Sinovac, bénéficie d’une première étude publiée dans The Lancet Infectious Disease, suite à la fin de ses deux premières phases d’essai.

Il s’appuie, quant à lui, sur une méthode historique : il injecte directement une version vivante, mais grandement atténué du virus SARS-CoV-2, comme ce qui a été fait pour la vaccin contre la rage ou le BCG, remède contre la tuberculose. Comme l’explique Futura-Sciences, ce type de vaccins, quoiqu’un peu plus risqué, est généralement très immunogène et confère une immunité de longue durée. De plus, il est moins fragile à conserver, contrairement aux vaccins à ARN qui demandent à être maintenus à -70°C pour le vaccin Pfizer-BioNTech ou à -20°C pour le vaccin Moderna. Il faudra néanmoins attendre les premières résultats des essais cliniques de phase III, actuellement en cours, pour le juger à la hauteur des autres remèdes actuels.