Donald Trump ajoute Xiaomi sur la liste noire américaine

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Par Julie Hay le

À quelques jours de l’investiture de Joe Biden, Donald Trump semble tenter le tout pour le tout. Le Président américain vient d’ajouter Xiaomi à la liste noire du pays et pourrait à terme interdire que les entreprises et citoyens américains investissent dans la firme.

Crédits : BarBus via Pixabay

Dans six jours, Donald Trump devra quitter la maison blanche et laisser la place au nouveau président élu Joe Biden. Si la passation de pouvoir s’annonce finalement plutôt calme, et ce malgré de longues semaines de contestation du scrutin, Trump entend profiter de ses derniers jours pour frapper fort. Il vient d’annoncer que Xiaomi, troisième constructeur de téléphone au monde, rejoignait la liste noire américaine.

Elle vise à interdire que les entreprises et citoyens américains investissent dans les capitaux de sociétés jugées dangereuses pour le pays. Elle concerne le plus souvent des entreprises spécialisées dans l’aviation, la construction, la chimie ou les télécommunications. Si Huawei en fait déjà partie, Xiaomi est finalement la première société du genre à y siéger. En effet, la présence de la firme basée à Shenzhen s’explique surtout par ses activités dans le domaine des télécoms. Huawei produit et fournit des infrastructures réseaux, notamment des antennes 5G. Xiaomi quant à elle n’intervient aucunement dans ce domaine.

Il faudra noter aussi que la liste noire est différente de l’« Entity list » du département américain du commerce. Celle-ci interdit les entreprises américaines de commercer avec les firmes jugées dangereuses. C’est notamment suite à cette décision que Huawei, qui est sur les deux listes, a dû se passer des services Google comme Android. Ici, Xiaomi pourra continuer en principe à bénéficier des services de la firme de Mountain View puisqu’elle n’y apparaît pas.

Les actions Xiaomi chutent de 11 %

Dans un communiqué, Xiaomi a répondu à cette décision et confirmé que l’entreprise n’était pas « détenue, contrôlée ou affiliée à l’armée chinoise et qu’elle n’était pas une société militaire communiste chinoise. » Elle annonce aussi qu’elle va « prendre des mesures appropriées pour protéger l’intérêt de la société et ses actionnaires ». Actuellement, Xiaomi examine les conséquences potentielles de cette situation pour mieux saisir l’impact que cela aura sur ses activités et explique qu’elle fera d’autres annonces en temps voulu.

Conséquence directe de cette décision, les actions de la firme ont chuté de 11 % pour atteindre les 29 dollars hier. Comme le note TechCrunch, Xiaomi pourrait à terme craindre une interdiction de commerce comme c’est le cas pour Huawei. Pour rappel, le fabricant chinois travaille en étroite collaboration à Qualcomm et a notamment été le premier constructeur à bénéficier des puces haut de gamme Snapdragon 888. Reste à voir désormais si Joe Biden reviendra sur la décision de son prédécesseur.