Ubisoft : peu de changements à l’œuvre depuis les plaintes pour harcèlement

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Par Elisa Rahouadj le

Près d’un an après les faits, la majorité des personnes visées par les accusations sont toujours en poste au sein d’Ubisoft.

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L’année dernière, Ubisoft s’est trouvé au cœur d’une violente polémique concernant des accusations pour harcèlement et comportements sexuels abusifs. Les procédures judiciaires devaient commencer au début de ce mois de mai en ce qui concerne les plaintes pour harcèlement. L’action de groupe est actuellement menée par Solidaires Informatique Jeu Vidéo, qui s’est occupé durant ces derniers mois à rassembler les témoignages contre Ubisoft. Un rapport, publié par Le Télégramme, montre que depuis ces accusations, l’entreprise n’a mis que très peu de choses en place pour changer sa culture d’entreprise jugée « toxique ».

Celui-ci mentionne par exemple le fait que Cécile Cornet, ancienne directrice des ressources humaines, vient tout juste de céder sa place à Anika Grant, alors même qu’elle a donné sa démission après les accusations en juillet 2020. Il en est de même pour de nombreuses personnes spécialement visées par les accusations, qui se trouvent actuellement toujours en poste. C’est notamment le cas de Florent Castelnérac et de Hugues Ricour, le premier étant visé par des plaintes pour harcèlement provenant d’une douzaine de personnes différentes. Ubisoft a déclaré donner des rendez-vous à de possibles candidats mais que « rien n’en est particulièrement attendu ».

Des mesures insuffisantes ?

Ce n’est pas la première fois que les pratiques au sein de l’industrie vidéoludique sont pointées du doigt. Plusieurs autres studios ont dû faire face à des accusation de conditions de travail insupportables, de harcèlement sexuel, d’intimidation de la part des supérieurs, etc. Cependant, du point de vue externe à l’entreprise, il semble que peu de moyens ont été mis en œuvre pour réellement changer l’environnement de travail toxique auquel Ubisoft a été confronté l’année dernière.

Pourtant, ce n’est pas l’avis de l’entreprise puisqu’un de ses représentants a déclaré que « sur une période de plusieurs mois, Ubisoft a mis en place des changements majeurs dans son organisation, ses processus internes et ses procédures afin de garantir un environnement de travail sûr, inclusif et respectueux pour tous les membres de l’équipe ». Ces changements incluent des enquêtes externes, l’implémentation d’un outil de dénonciation anonyme ou encore la mise en place d’une formation obligatoire concernant la conduite appropriée sur le lieu de travail.