Les réseaux sociaux sont une menace aussi grande que la crise climatique estiment les chercheurs

Un groupe de recherche spécialisé estime qu’à l’heure actuelle, les réseaux sociaux constituent un danger comparable à la crise climatique.

© Brett Jordan

Les réseaux sociaux sont-ils un danger pour l’Humanité ? C’est en tout cas ce que laisse entendre ce nouvel article publié dans la revue PNAS (Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America). Coécrit par dix-sept chercheurs, l’article estime en effet que les réseaux sociaux — ou plutôt leur influence sur la population, présentent aujourd’hui le même niveau de risque que la crise climatique.

Entre insurrection et antivax

Il faut dire que depuis quelques années, les réseaux sociaux ont joué un rôle majeur dans certains évènements — pas toujours positifs. Depuis l’élection de Donald Trump en 2017 notamment, ces derniers ont été largement utilisés à des fins de désinformation, atteignant un point de non-retour en début d’année, au moment des émeutes du Capitole. Une tentative d’insurrection fomentée sur les réseaux sociaux et qui a conduit à la mort de cinq personnes.

Sans même parler de ces évènements, les réseaux sociaux ont été aussi vecteurs de bon nombre de contenus liés à la désinformation, en devant le rendez-vous privilégié des antivax, des complotistes et des discours haineux. Conclusion pour les chercheurs à l’origine de l’article : les plateformes sociales — et donc les entreprises qui les dirigent, sont “incompatibles avec l’idée d’une société saine”. Pire encore, elles véhiculent des idées et des valeurs néfastes pour le grand public, en ne prenant en compte que leurs intérêts personnels et mercantiles : “Les décisions qui ont un impact sur la structure de la société ne doivent pas être guidées par les voix des parties prenantes individuelles, mais plutôt par des valeurs telles que la non-malfaisance, la bienveillance, l’autonomie et la justice”.

Pour éviter de tomber dans les affres de la désinformation, le groupe de recherche propose ainsi d’obliger les réseaux sociaux à se soumettre à une charte universelle de bonne conduite, sorte de serment d’hippocrate des réseaux sociaux.

Source: PNAS