Depuis les années 90, le nombre de lampadaires publics a augmenté de 89 % selon l’ANPCEN, l’association nationale pour la protection du ciel et de l’environnement nocturne. Dans ces mêmes trois dernières décennies, la quantité de lumière émise a elle aussi doublé ou presque (+94 %). Des chiffres inquiétants selon OFB, l’observatoire français de la biodiversité, qui assure qu’aujourd’hui pas moins de 85 du territoire français sont touchés par la pollution lumineuse.
Ce problème s’il empêche les astronomes amateurs ou professionnels de faire des observations du ciel de qualité, est très loin de se résumer à cela. Il ne s’agit en effet que de la partie émergée de l’iceberg. Toujours selon l’OFB, la pollution lumineuse serait une grande menace pour le monde végétal et animal français. L’observatoire rappelle ainsi dans son bilan annuel que deux tiers des espèces invertébrées et plus d’un tiers des espèces vertébrées vivent la nuit, dans la pénombre. Ces animaux ont donc un mode de vie complètement perturbé par la lumière de nos lampadaires et autres enseignes publicitaires qui forment des halos jaunâtres dans le ciel, visible à des kilomètres à la ronde.

Selon l’OFB la situation serait encore plus cataclysmique en ce qui concerne les insectes. La lumière serait alors la deuxième source de décès chez ces espèces après les pesticides. Bousculant le rythme de vie de tout le monde animal, notre lumière n’est pas non plus inoffensive pour l’Homme. En effet, de nombreuses études alertent sur les risques pour la santé causés par cette pollution lumineuse. Elle serait la principale responsable de la détérioration de notre sommeil, mais bloquerait également notre production de mélatonine, une hormone responsable de l’endormissement, mais aussi présente dans notre organisme pour faire de la régénérescence cellulaire, limitant ainsi les risques de tumeurs par exemple.
Des progrès encourageants
Malgré les chiffres en très forte hausse d’année en année, l’OFB œuvre pour que la pollution lumineuse soit reconnue comme ce qu’elle est, et que les gouvernements prennent des mesures pour lutter contre cette dernière et ainsi améliorer les nuits de chacun. Sur ce point, la législation française a déjà évolué, ce qui fait de l’hexagone un des pays les plus en avance sur la question. En effet, dès 2009 le gouvernement a mis en place une loi luttant contre les pollutions lumineuses. Ainsi l’article 41 de la loi dite « Grenelle 1″ assure que les « émissions de lumière artificielle de nature à présenter des dangers aux personnes […] feront l’objet de mesures de prévention, suppression ou de limitation ».