Il y a quelques jours, YouTube a modifié son interface en supprimant le compteur de dislikes sur certaines de ses vidéos. Déjà initiée depuis le début de l’année 2021, cette nouvelle fonctionnalité a théoriquement pour objectif de lutter contre le cyberharcèlement, en évitant les effets de masse liés aux dislikes. Après plusieurs phases de test controversées ces derniers mois, la plateforme a indiqué dans un communiqué officiel qu’elle s’apprêtait désormais à enterrer définitivement le compteur de “Je n’aime pas”.
Un déclin assuré ?
Sans surprise, cette nouvelle fonctionnalité officialisée par YouTube dans un récent billet de blog ne plaît pas à tout le monde. À commencer par Jawed Karim, l’un des trois cofondateurs historiques de l’entreprise. En modifiant la description de la toute première vidéo mise en ligne sur la plateforme (24 avril 2005 quand même) baptisée Me at the Zoo, Jawed Karim explique : “Pourquoi YouTube ferait-il ce changement universellement détesté ? Il y a une raison, mais ce n’est pas une bonne raison, et elle ne sera pas divulguée publiquement. (…) La capacité d’identifier facilement et rapidement le mauvais contenu est une caractéristique essentielle d’une plateforme de contenu généré par les utilisateurs. Pourquoi? Parce que tout le contenu généré par les utilisateurs n’est pas bon. Ce n’est pas possible. En fait, la plupart des contenus ne sont pas bons. Et c’est OK”.
Convaincu que YouTube risque le “déclin” en supprimant le compteur de dislikes, Jawed Karim craint désormais que la plateforme ne devienne “un endroit où tout est médiocre”. Un avis d’ailleurs partagé par bon nombre d’utilisateurs. En marge du cyberharcèlement, les likes et les dislikes fonctionnent aussi comme un indicateur efficace pour mettre en avant les vidéos trompeuses, les fake news ou tout simplement les contenus impopulaires.
Concrètement, qu’est-ce qui change ?
Comme sur Instagram, qui projette depuis déjà plusieurs mois de faire disparaître son compteur de likes, la suppression des dislikes YouTube n’en est pourtant pas vraiment une. Tout simplement parce qu’il sera toujours possible de gratifier d’un “Je n’aime pas” les vidéos qui vous agacent. En réalité, seul le nombre de dislikes sera masqué publiquement, et accessible uniquement au propriétaire de la vidéo. Objectif pour la plateforme de Google : éviter les effets de groupes qui pourraient conduire à du cyberharcèlement, et promouvoir des “interactions respectueuses entre les téléspectateurs et les créateurs”. Reste à savoir comment les choses se concrétiseront à l’avenir.