La sélection naturelle, comme elle a été théorisée par Charles Darwin explique qu’elle a tendance à faire s’unifier une espèce autour de caractéristiques communes, qui sont les plus utiles pour sa survie. Mais il existe des exceptions à cette loi de mère Nature. Le meilleur exemple dont nous disposons reste les gauchers. Présents au sein de l’espèce humaine depuis des millions d’années, les gauchers ont toujours représenté près de 10% de la population, peu importe les époques. S’ils ont longtemps été mal vus par le reste du monde, on sait aujourd’hui qu’ils ne sont pas si différents des droitiers.
Cette particularité, qui se voit essentiellement lors de l’écriture, devrait aussi être visible dans le cerveau. Depuis des décennies, les scientifiques cherchent à comprendre où se fait la différence entre gauchers et droitiers au sein de notre matière grise. Mais jusqu’à présent aucune étude n’arrive à expliquer pourquoi les gauchers sont toujours présents sur Terre, eux qui sont en contradiction totale avec le principe de l’évolution.
La théorie a enfin la preuve qui lui manquait
Une nouvelle étude, de très grande envergure, vient de comparer le cerveau de plus de 30 000 individus, dont 3000 gauchers. Sur les images publiées par les auteurs de l’étude, il existerait une dizaine de points de divergence entre le cerveau d’un gaucher et celui d’un droitier. Les scientifiques expliquent que ces régions sont caractérisées par une couche de matière grise plus épaisse dans l’hémisphère droit chez les personnes gauchères. Une découverte finalement assez évidente quand on sait que c’est la partie droite de leur cerveau qui est responsable des mouvements de la main dominante. Vu que cette dernière travaille plus, le cerveau est plus développé dans cette zone-ci, logique donc.
Si la découverte, présentée ainsi, peut paraître banale, cette dernière se devait d’être faite. Clyde Francks, directeur de cette recherche, rappelle que c’est seulement « la première fois que des zones spécifiques de l’anatomie cérébrale ont été reliées avec confiance à la gaucherie ». Car si cette idée avait été longtemps théorisée, elle est aujourd’hui prouvée par l’expérience. Mais aussitôt trouvée, cette nuance qui existe entre le cerveau des gauchers et celui des droitiers est minimisée par les scientifiques. Ils expliquent que cette dernière est en réalité beaucoup trop fine pour qu’un expert arrive à faire la distinction d’un simple coup d’œil. Il faut une analyse poussée de certaines zones très précises du cerveau pour savoir si oui ou non, le patient est gaucher.