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NASA : c’est le début de la fin pour les mythiques sondes Voyager

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Lentement, mais sûrement, ces sondes légendaires qui ont multiplié les records et changé à tout jamais le regard du grand public sur l’espace arrivent à bout de souffle. La fin d’une ère !

Dans toute l’histoire de l’aérospatiale, il existe très peu d’engins aussi iconiques que les sondes Voyager de la NASA. Ces deux engins ont littéralement repoussé les limites de l’exploration spatiale en s’aventurant plus loin de la Terre que n’importe quelle autre machine humaine, mais leur voyage légendaire touche désormais à sa fin.

En effet, d’après le Scientific American, la NASA a annoncé qu’elle allait commencer à laisser partir Voyager 1 et Voyager 2. Après presque 50 ans de bons et loyaux services, les réacteurs au plutonium deux sondes commencent à flancher; leur budget énergétique chute donc à vue d’œil.

Les Voyagers arrivent à bout de souffle

D’après la NASA, cela fait déjà un certain temps que les deux sondes perdent environ 4 watts par an. Et la situation commence à devenir critique. La NASA est donc forcée de faire des concessions en réduisant l’alimentation au strict minimum. Cela signifie que certains instruments vont être mis à l’arrêt une bonne fois pour toutes; avec un peu de chance, cela permettra d’accorder un sursis aux outils les plus importants pour prolonger leur vie jusqu’à l’extrême limite.

Avec beaucoup de chance, ce couple pourra donc bénéficier d’un sursis jusqu’en 2030. Mais cela semble de plus improbable. L’issue la plus probable est que ces deux engins rendent leur dernier souffle d’ici la fin de la décennie, marquant la fin d’une des aventures les plus remarquables de l’histoire de l’exploration spatiale.

Une épopée sans équivalent dans l’histoire de l’aérospatiale

Si les Voyagers ont à ce point marqué leur époque, c’est qu’ils ont tout simplement balayé toutes les attentes des ingénieurs et des astronomes. En effet, ces deux engins lancés en 1977 n’étaient censés durer que… quatre petites années ! “Nous avons déjà dépassé dix fois la garantie sur ces fichus engins”, souffle le physicien Ralph McNutt.

Et cette longévité exceptionnelle leur a permis de marquer l’Histoire à plusieurs reprises. Ce couple iconique, et en particulier Voyager 1, peut en effet s’enorgueillir d’un CV resplendissant. On leur doit notamment un grand nombre de découvertes de premier plan sur Saturne et Jupiter, les deux géantes gazeuses de notre système solaire.

© NASA

Mais si les Voyagers sont aussi célèbres, c’est avant tout parce qu’ils portent particulièrement bien leur nom. Voyager 1, en particulier, s’est construit une réputation d’explorateur prolifique en partant bien au-delà de Jupiter.  En 1998, il a raflé le record de distance par rapport à la Terre; jamais un objet construit par l’Homme n’avait voyagé aussi loin de son berceau, pas même le célèbre Pioneer 10. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ce record n’est pas prêt de tomber.

En 2012, l’engin est passé à la postérité en devenant le premier engin à franchir la limite de l’héliosphère, c’est-à-dire la frontière qui délimite la zone d’influence gravitationnelle du soleil. Voyager 1 est ainsi devenu le tout premier vaisseau spatial à s’aventurer dans l’espace interstellaire. Une longue liste d’exploits d’ingénierie, en somme; mais il n’y a pas que les scientifiques et les techniciens pour qui cette mission a été très importante.

Un impact majeur sur l’imaginaire collectif

En 1990, Voyager-1 s’est illustré avec une série de photos à couper le souffle. Alors

Ce “pale blue dot”, pour citer Carl Sagan, n’est autre que la Terre vue par Voyager depuis les confins du système solaire. © NASA / JPL-Caltech

située aux confins du système solaire, plus d’un milliard de kilomètres derrière l’orbite de Pluton, la sonde a fait volte-face pour prendre des images qui sont depuis passées à la postérité.

Elle a ainsi produit les premières “photos de famille” du système solaire, où l’on pouvait voir l’intégralité des planètes depuis l’extérieur. Et ces clichés légendaires, où l’intégralité de l’humanité était rassemblée dans quelques pixels, ont énormément marqué l’imaginaire collectif.

 

Ces images bouleversantes ont particulièrement inspiré Carl Sagan, l’un des géants de l’astronomie moderne, qui s’est fendu d’ une réplique pleine de poésie et aujourd’hui célèbre. C’est à lui que l’on doit la fameuse expression “pale blue dot” (“un point bleu pâle”), en référence à l’apparence de la Terre qui apparaît minuscule et perdue au milieu du vide sidéral.

A travers ces images et cette formule, Voyager 1 a permis à des millions de personnes de prendre conscience de l’immensité du cosmos, et par extension, de relativiser le statut de notre civilisation, aussi exceptionnelle que fragile et insignifiante à l’échelle de l’univers. De quoi cimenter instantanément sa place au panthéon des missions spatiales.

Voyager partira la tête haute

Mais il serait presque insultant de limiter les innombrables contributions de Voyager à ces exploits. Avec le recul, il s’agit sans le moindre doute d’une des missions les plus importantes jamais entreprises par la NASA, autant en termes purement scientifiques que pour l’imaginaire collectif. Les engins à ce point iconiques sont rares, et à chaque génération, on peut aisément le compter sur les doigts d’une main. Il conviendra donc d’honorer ces sondes légendaires comme il se doit avant la fin de leur épopée sensationnelle.

La fin est peut-être proche, mais au moins, les Voyagers peuvent partir l’esprit tranquille. Avec une toute nouvelle génération d’instruments de pointe, comme le fameux JWST qui va bientôt dévoiler ses premières images, l’astronomie est entre de bonnes mains… mais personne n’oubliera les premiers baroudeurs interstellaires qui ont ouvert la voie à tous ces progrès !

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