Deezer, le service français de streaming, avait reculé au dernier moment en 2015, alors que l’entreprise planifiait déjà son introduction en Bourse. Sept ans plus tard, Jeronimo Folgueira le directeur général de la société, a assuré que cette fois, c’était le bon moment pour se lancer : « Le streaming musical est vraiment établi, il représente presque deux tiers des revenus de la musique enregistrée, ce qui n’était pas le cas avant », a-t-il expliqué.
Plus dure sera la chute
Mais si Deezer était prêt, ce n’était pas le cas des investisseurs qui ont boudé le titre. À 11 heures le 5 juillet, premier jour de cotation, l’action chutait de 35 % ! Elle a terminé la journée à -30 %, au prix de 6 euros alors que son prix d’introduction était de 8,50 euros.
Et la situation ne s’est guère arrangée les jours suivants, avec une baisse continue (mais dans des proportions tout de même moins importantes). Le contexte est particulièrement difficile pour Deezer, tout comme pour l’ensemble des entreprises du numérique. L’action de Spotify a perdu 60 % de sa valeur depuis le mois de janvier.
Plus globalement, le Nasdaq, l’indice américain de référence pour les technologies, s’est effondré de 30 % sur la même période. Dans ces conditions, il paraissait vraiment difficile au petit poucet Deezer de tirer son épingle du jeu. Ce qui n’empêche pas l’entreprise d’afficher son ambition, celle de doubler son chiffre d’affaires d’ici à 2025 en misant sur son cœur de métier, à savoir la musique.
Pas question de se lancer dans une diversification tous azimuts comme Spotify qui investit lourdement dans les podcasts. Pour rester compétitif, Deezer va aussi profiter de ses accords avec des opérateurs en Europe pour être vendu en bundle avec des abonnements. Le service compte un peu moins de 10 millions d’abonnés.