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Pourquoi Waze, Google Maps et Plans vont proposer des trajets plus lents ?

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Un nouveau décret va forcer les applications de navigation à responsabiliser l’utilisateur vis-à-vis de l’impact environnemental de son trajet.

Les applications de navigation sont tellement ancrées dans notre quotidien que les plus jeunes d’entre nous n’ont probablement jamais eu besoin d’utiliser une bonne vieille carte en papier. Et même chez les plus âgées, ces logiciels sont devenus incontournables ; grâce à la magie des smartphones, d’Internet et du réseau GPS, il est désormais très difficile de se perdre, et il suffit de quelques secondes pour choisir le meilleur itinéraire.

L’autre avantage de ces applications, c’est qu’elles permettent de déterminer facilement l’itinéraire le plus rapide ; très pratique pour éviter de perdre trop de temps sur le chemin de la plage, par exemple. Mais très bientôt, elles ne vous proposeront plus forcément le trajet le plus court, suite à un décret du gouvernement repéré par Les Echos qui entrera progressivement en vigueur sur les mois à venir. Son objectif : « accompagner la transition des usages vers une mobilité décarbonée ».

Le premier point de ce décret concerne avant tout l’information des usagers. Lorsque ces derniers rechercheront un trajet, les applications concernées devront les renseigner sur l’impact écologique du voyage à travers différents indicateurs, par exemple en estimant la quantité de polluants atmosphériques générée lors du déplacement.

Le texte précise aussi qu’elles devront « mettre en avant » des alternatives plus écologiques. Pour les trajets courts, des messages de sensibilisation rappelleront par exemple de privilégier la marche ou le vélo. Les zones dédiées au covoiturage ou aux mobilités partagées (comme les vélos en « libre service ») devront aussi être mises en avant.

Des propositions d’itinéraires plus longs, pour la bonne cause

Mais surtout, le texte stipule explicitement que Waze et consorts devront nous inciter à tenir compte de l’impact écologique de chaque trajet, quitte à recommander des itinéraires moins directs. Ainsi, lorsque l’itinéraire initial comprend une portion d’autoroute où la vitesse maximale autorisée est supérieure à 110 km/h, ces « services numériques d’assistance aux déplacements » devront impérativement « proposer un itinéraire alternatif prenant en compte une diminution de la vitesse de 20 km/h sur les portions concernées ».

En clair : ces applications devront désormais indiquer des routes alternatives plus lentes, ce qui devrait réduire très légèrement l’impact environnemental du trajet. À noter que le décret parle seulement de « proposition ». Les grands baroudeurs peuvent donc être rassurés. Ces systèmes de navigation ne vont pas purger les voies limitées à 130 km/h de leurs bases de données.  Dans tous les cas, il s’agit surtout d’une mesure de sensibilisation qui vise à empêcher l’utilisateur d’ignorer complètement l’impact environnemental de son trajet.

Ces programmes devront aussi « s’efforcer de proposer un itinéraire évitant l’usage massif de voies secondaires non prévues pour du trafic intensif ». En d’autres termes, dans la mesure du possible, ils devront éviter de mettre en avant certains itinéraires alternatifs peu pertinents qui peuvent conduire à une saturation de certaines routes secondaires, alors que l’objectif initial est justement de désengorger le réseau.

Ces mesures entreront progressivement en vigueur à partir du 1er décembre 2022, et devront toutes être appliquées d’ici le 1er juin 2023. Vous pouvez retrouver le texte du décret sur Legifrance.gouv, à cette adresse.

Des mesures qui devraient aller dans le bon sens… même si le grand public attend toujours que certains des mauvais élèves soient eux-aussi mis face à leurs responsabilités.

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