Le gouvernement prépare les esprits à un hiver difficile sur le plan de l’énergie. Une bonne partie du parc nucléaire français est en effet en maintenance, ce qui réduit mécaniquement le volume d’électricité disponible. Si on ajoute à cela les conséquences de la guerre en Ukraine qui a un impact sur l’ensemble du secteur énergétique en Europe, mieux vaut en effet prévenir plutôt que guérir.
La rumeur se propage
Mais d’ici à affirmer, comme le prétendent plusieurs internautes férus de théories de complot, que les titulaires de compteurs Linky subiront des réductions de puissance, voire des coupures d’électricité cet hiver, c’est aller trop vite en besogne. Interrogé par CheckNews, le gestionnaire du réseau électrique français Enedis explique que s’il a effectivement les moyens de réduire la puissance à un abonné, c’est « uniquement sur demande du fournisseur d’électricité, notamment en cas d’impayés ».
Seul, Enedis ne peut donc pas agir sur les compteurs à distance. Par ailleurs, l’entreprise ne peut pas non plus opérer de bridages ciblés, et ce « quelle que soit la nature du compteur ». Néanmoins, Enedis reconnait qu’un mécanisme est disponible en cas de pénurie grave. Ce dispositif de « coupures exceptionnelles, préventives, localisées et tournantes » peut toujours être activé « en cas de risques pour l’équilibre du système électrique en France ».
Ce principe de délestage est inscrit dans le code de l’énergie, qui prévoit une durée moyenne inférieure à deux heures. La décision de procéder à ce délestage revient au Réseau de transport d’électricité (RTE), qui touchera dès lors l’ensemble du réseau électrique, pas uniquement les foyers qui ont un Linky.
Elisabeth Borne n’a pas caché qu’en cas de problèmes d’approvisionnement cet hiver, des restrictions pourraient être mises en place : il n’y aura pas de coupures de gaz pour les ménages, en revanche l’approvisionnement en électricité risque d’être plus difficile. Dans ce cas, du délestage tournant seraient mis en œuvre : « on coupe sur une courte période, moins de deux heures, par quartier », a expliqué la Première ministre.