Passer au contenu

Les abonnés Disney+ vont devoir passer à la caisse

4 min
14 commentaires
Partagez

Bob Iger est bien décidé à prendre des mesures pour endiguer le déclin de Disney+. “Je pense que nous nous sommes trompés de stratégie tarifaire.”

En 2019, Disney+ débarque sur le secteur de la SVOD. Avec la ferme intention de détrôner le leader Netflix, la firme aux grandes oreilles propose des prix très agressifs et une unique formule, avec toutes les options incluses allant de la 4K aux écrans simultanés en passant par le téléchargement. Face aux tarifs appliqués par le N rouge, Disney+ s’impose comme une alternative plus abordable. Les bénéfices de cette stratégie ne tardent pas à payer, la plateforme gravit les échelons jusqu’à s’imposer à la deuxième place du classement des services SVOD les plus populaires.

En seulement sept trimestres, elle atteint le palier des 100 millions d’abonnés à travers le monde. Elle dépasse largement ses objectifs et doit même les revoir à la hausse. Il faut dire que l’entreprise a mis toutes les chances de son côté, en offrant six mois d’abonnements en partenariat avec des fournisseurs d’accès dans certains pays. En France, Disney+ est inclue dans l’offre Canal+ Séries, et s’invite ainsi rapidement dans les salons les sériephiles.

Quatre ans plus tard, après une croissance exponentielle, la firme de Burbank doit affronter de premières difficultés. En janvier dernier, pour la première fois dans son histoire, Disney+ affichait un recul de son nombre d’abonnés. Si la perte des droits de diffusion des matchs de cricket en Inde peut expliquer ce phénomène, Disney doit aussi faire face à un désintérêt progressif du public pour ses productions. La crise qui secoue le monde a aussi sans doute impacté ses activités. Ces résultats financiers noircissent un peu plus le tableau. Disney+ n’est pas rentable, et ne l’a jamais été.

Redresser la barre

Selon The Wall Street Journal, le développement de la plateforme a fait perdre pas moins de 10 milliards à l’entreprise. Il faut dire que Bob Chapek n’avait pas vu à la dépense. Tout juste revenu en qualité de PDG de l’entreprise, Bob Iger annonce devoir prendre des mesures pour endiguer le phénomène. Elles ne vont pas faire plaisir aux abonnés. L’augmentation du prix aux États-Unis, avec l’arrivée d’une formule supportée par la publicité, n’était que la première étape d’une stratégie visant à redresser la barre. Iger confie :

“Nous avons fait preuve de zèle, en voulant développer un mastodonte mondial. Je pense que nous nous sommes trompés de stratégie tarifaire, et nous commençons maintenant à en savoir plus sur le sujet. Nous allons nous ajuster en conséquence.”

Concrètement, Bob Iger se penche sur la manière pour son entreprise d’atteindre la rentabilité d’ici 2024, tout en conservant ce qui rendait son offre attractive pour les utilisateurs. La firme marche sur des œufs. Les augmentations successives de ses concurrents directs comme Netflix, ont largement impacté son image et signer son déclin après des années de règne sans partage. Si le N rouge est bien décidé à redresser la barre, et à conserver sa position dominante, l’année 2022 a été mouvementée. Disney veut sans doute apprendre des erreurs de ses consorts pour tirer son épingle du jeu. Disney+ espère faire partie des chanceux.

“Il existe six ou sept entreprises de streaming fondamentalement bien financées, toutes à la recherche des mêmes abonnés, et dans de nombreux cas, toutes en concurrence pour le même contenu. Tout le monde ne va pas gagner.”

Jouer sur plusieurs tableaux

L’exclusivité n’est plus la première préoccupation des offres de streaming. Après avoir gardé jalousement leurs productions sous leurs bannières, les plateformes s’apprêtent à revoir leur approche de fond en comble. Pour diversifier leurs sources de revenus, les entreprises envisagent de vendre certaines de leurs productions à d’autres plateformes. Concrètement, les séries ou les films disponibles longtemps exclusivement sur un service pourraient à terme être proposés via des offres gratuites ou low-cost.

Dans le cas de Disney, il s’agira aussi d’autoriser d’autres entreprises à exploiter leur licence. “Nous cherchons à réduire le contenu que nous créons pour nos propres plateformes, il existe probablement des opportunités en accordant des liens à des tiers. Pendant un certain temps, cela a été considéré comme interdit, comme quelque chose que nous ne pouvions pas faire parce que nous favorisions nos propres plateformes. Mais si nous arrivons à un point où nous avons besoin de moins de contenu, pourquoi ne pas l’utiliser pour augmenter nos revenus ?”

À titre d’exemple, on pourrait imaginer que Disney autorise la production de nouvelles saisons pour les séries Defenders comme Jessica Jones, Luke Cage ou encore The Punisher. Si cela semble peu probable, à l’heure où Disney+ planche sur le retour de Daredevil avec Born Again, on peut s’attendre à ce que des collaborations du genre voient le jour au cours des prochaines années. Quoiqu’il en soit, la firme californienne n’a pas encore abandonné le navire Disney+ et compte bien tout mettre en œuvre pour le maintenir à flot. Malheureusement pour les utilisateurs, cela passera sans doute par une augmentation du prix des abonnements dans le monde.

Découvrir Disney+

Articles sauvegardés