Dans une déclaration publiée cette semaine, le Copyright Registration Guidance (USCO) vient définir une bonne fois pour toutes la paternité des œuvres créées par l’IA, et elle ne va pas dans le sens du genre humain.
Dans son rapport, l’USCO fait plus particulièrement référence aux intelligences artificielles génératrices comme MidJourney, Stable Diffusion et DALL-E, qui permettent de générer des créations visuelles plus impressionnantes les unes que les autres, grâce à une simple commande textuelle. Pour le gouvernement, le constat est sans appel : donner quelques instructions à un logiciel ne fait pas de vous un artiste.
L’IA est-elle propriétaire de ses œuvres ?
Pour les autorités, les logiciels d’IA générative ne sont pas de simples outils, puisqu’ils participent activement à la création de leurs œuvres. À l’inverse, l’humain derrière la machine n’agit que comme un intermédiaire, en fournissant à la machine “des instructions“. Le rôle de cette dernière se rapproche ainsi davantage d’un artiste mandaté, capable de répondre à une commande précise.

Preuve que c’est bien “la machine qui détermine comment ces instructions sont mises en œuvre dans sa sortie“, rappelle l’USCO, une même commande entrée plusieurs fois dans DALL-E ne donnera jamais les mêmes résultats. Pour résumer, c’est la machine et non l’humain qui va fournir les éléments créatifs essentiels d’une œuvre. La personne derrière l’IA n’a que très peu de pouvoir décisionnel sur l’image générée.
Le plagiat, grand ennemi de l’IA
La position de l’USCO peut sembler illogique à première vue : pour beaucoup, l’IA n’est qu’un outil capable de donner vie aux idées d’un artiste en chair et en os, comme le fera n’importe quel logiciel de création numérique. Reste que si l’idée de base est généralement imputable à un cerveau humain, la position des États-Unis au sujet de la paternité d’une œuvre générée automatiquement vise aussi à protéger les artistes.
Depuis des mois, les bras de fer juridiques se multiplient autour des accusations de plagiat imputées à l’intelligence artificielle. Si le pouvoir de création de MidJourney apparait comme infini, c’est d’abord parce qu’il se base sur des millions de créations déjà existantes sur le web. En utilisant des matériaux déjà existants pour nourrir son réseau génératif, OpenAI ne s’est pas contenté d’apprendre à sa plateforme “comment” créer. Chaque image est en réalité un savant mélange, confinant parfois au plagiat, rapportent certains créateurs et créatrices. En empêchant le copyright d’une œuvre générée par IA, le pays s’évite de longs combats juridiques futurs au sujet de la paternité de certaines créations.
La situation ne concerne d’ailleurs pas que les artistes graphiques. Depuis l’explosion de ChatGPT, les maisons d’édition se voient contraintes de refuser certains manuscrits, face au nombre trop élevé de nouvelles écrites par l’IA. Même les séries South Park et One Piece ont eu droit à leur interprétation artificielle ces derniers jours.