Le ministère de la Transition écologique a publié mercredi dernier une carte des zones avec un risque de sécheresse pour 2023. Sur les 100 départements français, 26 sont classés en zone rouge, ce qui signifie qu’ils sont très exposés à un risque de manque d’eau et à des épisodes de canicule.
Sans surprise, le sud de la France est particulièrement concerné avec une situation critique sur tout le littoral méditerranéen. L’Île-de-France n’est non plus pas épargnée : quatre départements en rouge, dont Paris. La vallée du Rhône et Lyon sont aussi à risque, selon les prévisions du ministère.
Un été qui sera chaud et sec
En 2023, la France se prépare à un été historiquement sec. La carte des risques de sécheresse montre les 26 départements en alerte rouge, c’est-à-dire qu’ils ont une forte probabilité d’avoir des sécheresses à répétition. Ces zones sont principalement situées dans le sud de la France où le déficit pluviométrique est important depuis le début de l’année.
Le littoral méditerranéen, de la Corse aux Pyrénées-Orientales, est en situation critique, avec des nappes phréatiques et des cours d’eau au plus bas. L’Occitanie est la région la plus touchée par le risque de sécheresse, avec 11 départements sur 13 en rouge.
Publiée aujourd’hui pour anticiper la situation estivale, la nouvelle cartographie est une projection d’ici à la fin de l’été des territoires avec risques de sécheresse.
Alors, dès aujourd’hui, nous anticipons les risques. pic.twitter.com/uvyiT8XMFb
— Christophe Béchu (@ChristopheBechu) May 17, 2023
La sécheresse menace aussi des zones plus au nord de l’Hexagone, comme l’Île-de-France, où quatre départements sont en rouge : Paris, les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis et le Val-de-Marne. Le ministre de la Transition écologique Christophe Béchu a déclaré sur Twitter que ces territoires étaient eux aussi “particulièrement vulnérables aux épisodes de canicule”. Il a assuré que le gouvernement anticipait les risques et mettait en place des mesures de prévention.
Un rapport mondial inquiétant
Cette alerte intervient quelques jours après un rapport de l’Organisation météorologique mondiale (OMM) qui anticipe que les cinq prochaines années seront les plus chaudes jamais enregistrées depuis le début de l’ère industrielle. Le réchauffement et le phénomène climatique El Niño sont deux facteurs qui vont pousser les températures vers le haut.
Selon l’organisation météorologique mondiale, il y a 60% de chances qu’El Niño se développe d’ici à la juillet et 80% de chances d’ici la fin septembre. Ce dernier est associé à une augmentation des températures au niveau mondial, une sécheresse dans certaines parties du monde et de fortes pluies dans d’autres. Il s’est produit pour la dernière fois en 2019, rappellent nos confrères de RTS, avant de déboucher sur La Nina, qui provoque les effets inverses.
Face à ce constat alarmant, le ministre a appelé à adopter des gestes éco-responsables pour économiser l’eau. Il a également annoncé que des mesures de restriction seraient prises par les préfets si la situation ne s’améliorait pas. À ce jour, ce sont 16 départements qui ont déjà pris des arrêtés pour mieux contrôler l’usage de l’eau dans certains secteurs. Une autre série de mesures pourrait suivre dans les prochaines semaines.
La sécheresse estivale est un phénomène qui s’aggrave avec le réchauffement climatique. Selon Météo-France, la température moyenne en France a grimé de 1,7°C depuis l’année 1900, et les précipitations ont diminué de 7% depuis 1959. Ces tendances devraient se poursuivre dans les prochaines années avec des impacts forts sur l’agriculture, la biodiversité ou encore la santé humaine.