Interdites depuis janvier 2021, au même titre que tous les objets plastiques à usage unique, les pailles en plastique ont progressivement laissé leur place à des solutions plus respectueuses de l’environnement. Dans les bars et dans les rayons des magasins, on retrouve désormais des modèles en inox, en bambou, en papier, et même en fibres de pommes.
Selon une récente étude publiée le 24 août dans la revue scientifique Food Additives & Contaminants et pointée du doigt par nos confrères de Libération, certaines alternatives seraient pourtant moins écolos que prévu. Pire, elles constitueraient un risque sanitaire et environnemental au moins égal à celui des pailles en plastique jetables. C’est notamment le cas de leur version cartonnée. Bien que fabriquées à partir de matériaux d’origine végétale, ces dernières afficheraient un taux élevé de PFAS (ou perfluorés), un groupe de substances chimiques très dangereuses pour la santé et l’environnement. Selon l’étude belge, les PFAS seraient trois fois plus présents dans les pailles en papier que dans les pailles en plastique, à raison de 3 ng/g.
Des polluants “éternels”
Pour les chercheurs et les chercheuses en charge de l’enquête, la conclusion est claire : “Ces pailles écologiques à base de plantes ne constituent pas nécessairement une alternative plus durable aux pailles en plastique, car elles peuvent être considérées comme une source supplémentaire d’exposition aux PFAS pour l’homme et l’environnement“. À titre de comparaison, l’agence de protection de l’environnement américaine (USEPA) préconise de limiter à 4 ng/L la présence de PFAS dans l’eau potable. En plus d’être polluantes et potentiellement nocives pour la santé, ces substances ont été régulièrement détectées dans 39 marques de pailles différentes. Rien de très étonnant à cela, puisque ce sont notamment les PFAS qui permettent d’imperméabiliser le carton pour rendre les pailles hydrofuges et résistantes à la chaleur.
Quasiment indestructibles, les PFAS aussi surnommés “polluants éternels” sont utilisés depuis les années 1940 par les industriels, mais leurs effets sur la santé commencent tout juste à être documentés. Les substances sont ainsi soupçonnées de provoquer cancers, dysfonctionnements hépatiques, hypothyroïdies, retards pubères, diminution de la réponse immunitaire aux vaccins… sans parler de leur impact écologique.
Pour éviter d’abimer la planète et votre santé, le plus sain reste de miser sur l’acier inoxydable, qui serait a priori la solution la plus durable et la moins risquée sur le plan sanitaire. En plus d’être recyclable à l’infini, l’inox est aussi non poreux, contrairement au bambou qui a la fâcheuse tendance à gonfler et pourri avec le temps.