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La France envoie un message fort avec le test du missile balistique M51

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La dernière version de ce missile capable d’emporter jusqu’à dix têtes nucléaires permet de réaffirmer les capacités de dissuasion de la Défense française.

Dans la soirée du 18 novembre, le gouvernement français a procédé à un tir d’essai de la nouvelle version de son missile balistique M51 depuis la base Essais de missiles de la Direction générale de l’armement, à Biscarosse. Il a fini sa course dans l’Atlantique Nord à plusieurs centaines de kilomètres des côtes. Même s’il ne contenait aucune charge militaire, c’est un signal fort dans un contexte de tensions géopolitiques importantes.

Cet essai était important pour la France, car le M51 n’est pas un missile comme les autres : depuis sa mise en service en 2010, il s’agit d’un des deux fers de lance de la force de dissuasion nucléaire de l’Hexagone, avec le missile ASMP-A.

https://twitter.com/DGA/status/1725968981519925749

Une arme de destruction massive à vocation défensive

Ce véhicule construit par ArianeGroup est une véritable petite fusée militarisée. Contrairement aux missiles de croisière, ces missiles balistiques stratégiques décrivent une trajectoire elliptique qui les amène aux portes de l’espace. Ils replongent ensuite vers leur cible à toute vitesse. Il est capable de délivrer jusqu’à dix têtes nucléaires indépendantes à une distance de plusieurs milliers de kilomètres. La valeur exacte reste toutefois inconnue, secret défense oblige.

Une fois à destination, chaque tête est capable de frapper une cible différente avec une marge d’erreur d’environ 150 mètres, provoquant une explosion de 150 kilotonnes. De quoi détruire la majorité des bâtiments résidentiels dans une zone de plus de 18 km² selon NukeMap.

Le M51 a vocation à être tiré depuis un sous-marin à capacité balistique comme Le Téméraire. Il ne s’agit pas d’une arme d’attaque, mais de riposte. Il ne sera utilisé qu’en dernier recours, dans l’éventualité où l’une des sept autres puissances nucléaires mondiales frapperait les intérêts vitaux de la France.

Le Téméraire
Le sous-marin Le Téméraire. © Wikimedia Commons

L’objectif de cette opération était de tester la troisième version du missile, appelée M51.3. Les détails techniques sont évidemment gardés secrets, mais la DGA a indiqué par le passé qu’il bénéficierait d’une portée nettement plus importante et d’une meilleure capacité de pénétration des systèmes de défense antimissiles. Ce dernier point est particulièrement important, à cause des progrès rapides des dispositifs d’interception qui menacent de rendre les anciennes générations obsolètes.

La dissuasion nucléaire, clé de voûte de la stratégie française

Les premières livraisons du M51.3 sont attendues à l’horizon 2025. Le test de ce week-end représente un grand pas en avant dans cette direction. D’après le communiqué de la Direction générale de l’Armement, « ce vol a permis de valider une évolution importante du missile qui contribuera à pérenniser la crédibilité de notre dissuasion océanique durant les prochaines décennies ».

Le ministère des Armées a donc rempli son objectif principal, à savoir réaffirmer la crédibilité opérationnelle de l’arsenal nucléaire français. En d’autres termes, c’est un message fort envoyé aux alliés et aux compétiteurs de la France. Ces initiatives sont particulièrement importantes dans le contexte actuel où la menace nucléaire est revenue au centre des préoccupations. Pour rappel, le président russe Vladimir Poutine a brandi à plusieurs reprises la menace d’une attaque nucléaire dans le cadre de l’invasion de l’Ukraine.

Cette force de dissuasion demeure la clé de voûte de la stratégie de défense française. Selon Le Point, environ 13 pourcents du budget militaire (soit 54 milliards d’euros) sont consacrés à la modernisation, à l’entretien et à la logistique de cet arsenal nucléaire.

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