Après le Linky et son vert pomme, place au Pinky. D’ici la fin de l’année, ce sont plus de 5000 compteurs nouvelle génération qui vont être déployés dans certains postes de transformation de moyenne et basse tension d’Enedis. Un appel à candidatures avait été lancé en début d’année pour fabriquer l’appareil, surnommé Pinky en interne à cause de sa couleur.
Pinky, Linky… Ça change quoi ?
L’intérêt du Pinky est multiple. Pour les équipes d’Enedis, le nouveau compteur permettra de mieux suivre le réseau électrique en temps réel. Il sera notamment possible de déterminer la consommation précise d’un quartier ou d’un immeuble, mais aussi sa contribution énergétique dans le réseau à un instant donné. Une fonctionnalité bien pratique pour les écoquartiers qui possèdent leurs propres installations photovoltaïques ou éoliennes par exemple.
Face à l’émergence des foyers-producteurs d’électricité, et à l’essor des nouvelles technologies, Enedis veut miser sur les objets connectés pour faciliter le suivi et le contrôle du réseau. “On va avoir besoin de l’IoT et de la donnée pour faire face à l’enjeu de la transition énergétique et Pinky en est l’un des outils indispensables car plus l’on veut se focaliser sur l’énergie locale, plus la production est variable” indique Yves Barlier, directeur Planification Études Projets Smart grids à nos confrères du Journal du Net. Pour les gestionnaires d’immeubles, Pinky servira aussi à “améliorer leur efficacité énergétique en analysant ce qui cause les plus grosses consommations ou en détectant des anomalies et en envoyant un ordre correctif à un actionneur, par exemple de couper un équipement laissé inutilement allumé” indique Yves Barlier.
Pas de 4G, et déjà plusieurs tests concluants
Basé sur la même architecture qu’un compteur Linky classique, le Pinky ajoute à sa structure un module d’acquisition de mesures basse tension et de mesures de températures. Une sorte de centrale de mesure multitâche, branchée au concentrateur du poste, capable de mesurer et de transmettre toutes les informations en temps réel. “L’un des avantages de Pinky est de ne pas avoir besoin de couverture réseau, comme la 4G, puisque c’est le CPL qui est utilisé pour transmettre la donnée toutes les dix minutes” souligne Yves Barlier. De quoi rassurer les réfractaires.
Après les tests concluants d’une cinquantaine de prototypes depuis 2018, le Pinky a été validé par direction technique d’Enedis, qui a ensuite procédé à une seconde phase d’expérimentation en septembre 2019. La prochaine étape pour les équipes d’Enedis sera de déployer le Pinky à l’échelle nationale, afin d’étudier et de prévoir les éventuelles pannes de secteur.