Le 9 décembre dernier, David Tennant a passé le flambeau à Ncuti Gatwa dans le rôle du Docteur. Après Jodie Whittaker, c’est au tour de l’acteur britannico-rwandais de 31 ans de devenir le nouveau visage de l’extraterrestre voyageur du temps. Un retour attendu autant que redouté, qui signait l’arrivée d’une nouvelle ère pour la série culte.
Disney met son grain de magie
Si Doctor Who promettait ne de pas changer d’ADN en officialisant une collaboration avec Disney+, l’arrivée de la série sur la plateforme de SVOD a donné des ailes à la BBC. Moyens revus à la hausse, projet d’univers étendu autour des personnages et organisations récurrents de la licence… Doctor Who voit désormais les choses en grand. Pour appuyer la fracture avec l’ancienne génération incarnée par Christopher Eccleston, David Tennant, Matt Smith, Peter Capaldi et Jodie Whittaker, le studio avait même, fait le choix de redémarrer la nomenclature de la série, en optant pour une nouvelle saison 1.
La diffusion des trois épisodes anniversaires, et le retour du traditionnel épisode de Noël diffusé ce 25 décembre marquaient le début de cette nouvelle ère. L’église de Ruby Road était l’occasion de découvrir non seulement le nouveau docteur, émancipé de son ainé, mais aussi le personnage de Ruby, sa nouvelle compagne à l’aura définitivement british. Pourtant, derrière l’attrait de la nouveauté, les quatre épisodes diffusés cette année ont fait l’objet de violentes critiques de la part de certains internautes.
Doctor Who est-il devenu trop woke ?
Dans le viseur des détracteurs de cette nouvelle génération de Doctor Who, on retrouve pêle-mêle diverses plaintes adressées à la BBC après la diffusion des épisodes anniversaires. Les choses ont débuté dès le premier épisode, avec l’apparition à l’écran de l’actrice Yasmin Finney dans le rôle de Rose Noble-Temple, et l’utilisation de sa transidentité comme un ressort narratif de l’épisode The Star Beast. Un choix scénaristique qui aura tout de même valu 144 plaintes officielles au studio.
Plus tard, dans les épisodes, il est plusieurs fois fait mention de l’orientation sexuelle présumée du Docteur. On connaissait déjà son penchant pour le sexe féminin à travers ses histoires d’amour avec Riversong, Rose Tyler ou encore la reine Elisabeth I. L’extraterrestre ne cache désormais plus son attirance pour les hommes, en citant Isaac Newton et Harry Houdini parmi ses conquêtes. Rien de plus étonnant, pour un alien capable de changer de sexe à chaque régénération.
La BBC hausse le ton
Face aux critiques formulées sur le virage “woke” de la série, la BBC a rapidement pris la parole. Le studio britannique a réaffirmé sa volonté de partager des valeurs d’inclusivité et de tolérance à travers les épisodes de la saga culte. Cette année ne devrait pas échapper à la règle. Dans un communiqué officiel, la société détaille : “Comme les téléspectateurs réguliers de Doctor Who le savent, la série a toujours célébré fièrement la diversité et reflète le monde dans lequel nous vivons. Nous sommes toujours attentifs au contenu de nos épisodes“.
Chaque saison, c’est la même chose
Les critiques sur la nouvelle saison de Doctor Who constituent finalement un marronnier attendu. À chaque changement d’interprète, les critiques fusent autour du nouveau docteur, de ses compagnons et des choix narratifs des showrunners. C’était déjà le cas en 2010, alors que le monde entier faisait son deuil du personnage de David Tennant. En 2017, le changement de sexe du personnage et l’arrivée de Jodie Whittaker avait déjà traumatisé les adeptes du “c’était mieux avant“. L’actrice britannique a pourtant su prouver que ses quatre saisons passées dans le TARDIS avaient toute leur place dans la ligne temporelle de la série.
Un peu plus tôt, la rencontre entre Peter Capaldi et sa compagne Bill Potts (interprétée par Pearl Mackie), ouvertement lesbienne, avait également suscité son lot de critiques. Pourtant, elle ne faisait que succéder à une liste déjà longue de représentations queer dans la série de 2005, comptant notamment Jack Harkness, Madame Vastra ou encore Miss Jenny Flint. Cette fois, le retour du Docteur s’offre non seulement un personnage transgenre, mais aussi un Docteur noir ouvertement attiré par les hommes.
Derrière la nouvelle série, on retrouve aux commandes le showrunner Russel T. Davis. Le scénariste n’est pas étranger à la série, puisqu’il avait déjà officié sur plusieurs épisodes antérieurs. À l’écran, Davis ne se contente pas de distiller quelques tokens : les nouveaux épisodes de Doctor Who ont profité d’un casting diversifié, mettant en scène des acteurs et des actrices queers, handicapés et racisés. Cette direction devrait d’ailleurs se poursuivre dans la prochaine saison. On sait d’ores et déjà que Rose Noble-Temple et Shirley Anne Bingham (jouée par l’actrice Ruth Madeley) occuperont des rôles récurrents.