La justice française a encore frappé. Si les pirates de tout bord profitent encore d’une situation moins agressive qu’aux États-Unis, les sites pirates sont régulièrement dans le viseur de la justice. Et au jeu du chat et de la souris, les ayant-droits ont souvent le dernier mot. Une fois n’est pas coutume. En ce début d’année 2024, Gaumont, Paramount, l’Union des producteurs de cinéma, le Syndicat de l’édition vidéo numérique, la Fédération Nationale des Éditeurs de Films ont choisi de faire action commune, et de saisir la Cour de cassation pour ordonner le blocage de plusieurs sites pirates français.
Yggtorrent et 27 autres
Le couperet est finalement tombé ce 28 février 2024, et il a donné raison aux ayant-droits. La justice française a ordonné le blocage de 28 sites pirates de streaming et de téléchargement par les fournisseurs Orange, Bouygues Telecom, Free et SFR. Au total, 63 noms de domaine sont concernés, et seront bientôt inaccessibles pour les internautes français.
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Après la fermeture 166 noms de domaines pirates par l’Arcom en octobre 2022, la chute d’Yggtorrent sonne comme un nouveau coup dur pour les internautes. Le site créé en 2017 comptait parmi les plus populaires de France, et sa mise à pied promet de laisser un vide chez ses utilisateurs les plus réguliers. À noter que la sanction n’est que temporaire. Officiellement, les sites concernés seront bloqués pour une durée minimale de 18 mois, suite à quoi ils pourraient revenir sur le marché… à condition d’avoir mis un terme à leurs activités illégales.
Bloqué, mais pas fermé
Reste que comme souvent sur Internet, contourner les interdictions ne prend que quelques minutes. Les 28 sites visés par la justice française n’ont pas été fermés, puisqu’ils sont simplement bloqués par les fournisseurs d’accès. Concrètement, lorsque vous entrez l’URL de l’un d’entre eux depuis la France, vous serez automatiquement redirigés vers un message d’erreur. En revanche, il suffit d’utiliser un VPN ou un changement de DNS pour contourner le blocage, puisque les sites continuent d’exister au-delà des frontières hexagonales.
Un rapide détour par le navigateur de Tor nous confirme qu’Yggtorrent se porte bien. Sur sa page d’accueil, la plateforme dispense même quelques conseils pour contourner les restrictions en vigueur, en détaillant un nouveau nom de domaine, mais aussi des canaux de discussions privés pour permettre aux internautes d’échanger entre eux, et d’être tenus au courant de la situation.

