Au cours d’une conférence de presse qui se tenait à la mi-journée, Emmanuel Macron a réaffirmé un bilan positif. Quelques jours après la dissolution de l’Assemblée nationale, le président de la République a profité de sa prise de parole pour définir les grands axes de sa campagne avant les législatives anticipées. Face à la presse, il est revenu point par point sur les échecs et les réussites de ces derniers mois. L’occasion pour lui de réaffirmer sa position face à la majorité numérique.
Pas de réseaux sociaux avant 15 ans
Alors que les plateformes sociales du monde entier sont théoriquement interdites aux mineurs de moins de 13 ans, Emmanuel Macron a depuis longtemps évoqué l’idée d’augmenter cet âge seuil à 15 ans. Un projet validé par une commission d’experts et de scientifiques, qui rendait son verdict il y a quelques semaines, mais dont l’application concrète semble actuellement impossible, tant elle contreviendrait aux droits fondamentaux d’anonymat sur Internet.
À quelques semaines d’un nouveau scrutin, Emmanuel Macron n’abandonne pas l’idée de légiférer sur l’accès des plus jeunes aux réseaux sociaux. Le président de la République a réitéré son projet de majorité numérique à 15 ans. Rien de vraiment surprenant sur ce point, le texte figurait déjà dans le programme de la majorité présidentielle pour les européennes.
Pas de smartphone avant 11 ans
Sans doute conscient qu’il n’a plus que quelques semaines pour abattre ses cartes sur le sujet, Emmanuel Macron a aussi évoqué la possibilité d’une interdiction totale des smartphones en France avant 11 ans. Le seuil n’est pas anodin, puisqu’il correspond à l’âge d’entrée au collège, qui colle généralement avec l’obtention d’un premier téléphone.
Face à la possibilité d’un changement imminent de gouvernement, le président de la République n’a pas manqué d’adresser un message à son prochain gouvernement, en appelant à prendre des mesures pour “la protection de nos enfants et de notre jeunesse”.
Refiler la patate chaude
En réalité, dans le cas de la majorité numérique à 15 ans comme dans celui de l’interdiction des smartphones avant 11 ans, le discours d’Emmanuel Macron sonne comme un effet d’annonce plutôt que comme une véritable mesure à l’application concrète.
De la même manière que l’interdiction des sites pornographiques aux mineurs peine à se concrétiser en France, faute de solutions viables et d’implication nécessaire de la part du gouvernement, ces deux mesures promettent de rapidement se heurter à la réalité européenne et internationale. Difficile de prendre une décision aussi clivante pour le marché mondial si cette dernière se cantonne à la France. Sur le sujet de la majorité numérique par exemple, il n’est pas exclu que l’Europe décide de s’opposer à une éventuelle tentative de législation.