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NASA : quelque chose ne tourne pas rond avec la sonde Psyche…

Le système de propulsion de cet engin parti à la rencontre d’un astéroïde exceptionnellement prometteur a rencontré quelques soucis techniques que l’agence spatiale américaine va devoir surveiller de près pour assurer la pérennité de cette mission fascinante.

La NASA a annoncé que sa sonde Psyche, partie à la rencontre d’un astéroïde fascinant, rencontre quelques problèmes au cours de son grand voyage. Même si l’agence se veut rassurante, il s’agit d’une nouvelle un brin préoccupante, connaissant le potentiel scientifique de la mission.

Plus précisément, c’est le système de propulsion de la sonde, basé sur des moteurs à effet Hall, qui semble poser problème. Ce terme désigne une catégorie de moteurs qui utilisent une combinaison de champs électriques et magnétiques pour piéger des électrons grâce à l’effet Hall, qui a donné son nom au dispositif. Ces électrons vont ensuite ioniser des atomes de xénon pour les charger positivement. Ces entités chargées sont ensuite catapultées en dehors de la chambre par le champ électrique.

Ce processus génère une poussée très faible, typiquement de l’ordre de quelques dizaines ou centaines de millinewtons. À titre de référence, le Raptor 3 — la dernière version du moteur star de SpaceX — est capable de fournir environ 2,75 millions de newtons de poussée ! Mais les moteurs à effet Hall ont un autre avantage qui leur permet de compenser cette différence : leur efficacité extrême. Par rapport aux moteurs chimiques conventionnels, ils utilisent très peu de carburant pour fournir la même poussée. Il ne sera donc jamais possible de s’en servir pour un décollage depuis la Terre à cause du manque de puissance brute. En revanche, ils sont parfaits pour permettre à un engin d’accélérer lentement mais sûrement sur une très longue période, afin d’atteindre les régions les plus reculées de l’espace, où l’absence de friction avec l’air évite au véhicule de ralentir.

Malheureusement, la dernière fois que l’engin a tenté d’accélérer, une baisse de pression significative a été constatée au niveau de la ligne qui achemine le xénon vers les propulseurs. Elle est soudainement passée d’environ 2,5 bars à environ 1,7 bar, et les opérateurs ont donc pris la décision de reporter les prochaines mises à feu en attendant d’avoir identifié l’origine du problème.

Un problème sérieux, mais pas (encore) critique

Pour l’instant, cela ne semble pas menacer la mission dans son ensemble. L’agence dispose en effet d’une marge de manœuvre relativement confortable ; il sera possible de repousser la prochaine phase de poussée jusqu’à la mi-juin sans impacter la trajectoire de la sonde. Cela laissera le temps aux opérateurs d’essayer de résoudre le problème.

Et même s’ils n’y parviennent pas d’ici là, ce ne sera pas dramatique, car la NASA a prévu le coup : la ligne d’alimentation en question est présente en deux exemplaires. Cette redondance signifie que la mission ne va pas immédiatement prendre fin si la première est finalement hors service. À la prochaine mise à feu, les opérateurs pourront simplement décider d’utiliser la ligne de secours si la première fait toujours des caprices.

Mais même s’il ne s’agit pas d’un dysfonctionnement critique, la NASA préférerait évidemment éviter de griller ce joker si tôt dans la mission ; même si elle a déjà parcouru plus de 235 millions de kilomètres depuis son lancement en 2023, la sonde a encore beaucoup de chemin à faire avant d’arriver à destination. En début d’année prochaine, elle doit encore revenir vers Mars pour effectuer une manœuvre d’assistance gravitationnelle qui l’expédiera tout droit vers sa destination finale : l’astéroïde Psyche, au sein de la ceinture d’astéroïdes principale située entre la Planète rouge et Jupiter.

Psyche, l’astéroïde à 10 000 000 000 000 000 dollars

Si ce nom vous dit quelque chose, c’est peut-être parce qu’il a souvent été présenté dans la presse comme “l’astéroïde a 10 millions de milliards de dollars” à cause de sa composition : il regorge en effet de métaux précieux tels que l’or ou le platine. Mais ce ne sont pas ces ressources qui ont motivé la NASA à construire un engin spécifiquement pour partir à sa rencontre. Si’il intéresse autant l’agence, c’est avant tout c’est parce qu’il présente un intérêt scientifique gigantesque.

Contrairement à la plupart des astéroïdes, qui sont majoritairement constitués de roche et de glace, Psyche 16 est majoritairement constitué de fer et de nickel… comme le cœur de la Terre. Pour cette raison, il est suspecté d’être le cœur métallique d’un embryon de planète en formation. C’est une hypothèse particulièrement enthousiasmante pour les planétologues. Si elle se vérifie, Psyche 16 deviendra immédiatement un incroyable laboratoire à ciel ouvert, susceptible de nous offrir des informations inédites et précieuses sur le processus de formation des planètes telluriques comme la nôtre.

Il faudra donc croiser les doigts pour que la NASA réussisse à résoudre ces problèmes afin que la sonde arrive à destination en 2029 comme prévu, car elle nous rapportera sans doute des données captivantes sur l’origine de notre propre berceau.

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Source : NASA

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