La déferlante de la “poudre verte” a du plomb dans l’aile. Véritable phénomème sur les réseaux sociaux et dans les coffee shop du monde, le matcha risque de devenir plus difficile à trouver en France. Il faut dire qu’en un an, la demande mondiale a plus que triplé. En 2023, les exportations ont bondi de 33% par rapport à l’année précédente.
Les entreprises japonaises du thé alertent sur la possibilité d’une pénurie à grande échelle au cours des prochains mois. De premiers signes s’étaient fait ressentir en décembre dernier, lorsque le producteur Ippodo, annonçait déployer de nouvelles restrictions sur les achats. Dès lors, il n’était possible d’acheter qu’un seul produit par commande. Sur son site, Ippodo expliquait que la demande avait “explosé au-delà de toutes les attentes” rapporte Le Monde. Plusieurs établissements parisiens, interrogés par le quotidien français, expliquent que les délais de livraison ont été sensiblement rallongés et que certains fournisseurs conseillent à leurs clients d’acheter des stocks plus importants en prévision.
Un marché sous pression
Outre l’engouement inédit pour cette boisson, c’est la difficulté pour le pays de composer avec le départ de ses producteurs de tencha, le thé à l’origine du matcha. Pour rappel, il s’agit d’un thé vert qui est gardé à l’ombre pendant trois semaines à l’aide de filets. Cette privation de lumière lui offre sa teneur accrue en chlorophylle et donc sa couleur particulière. Ensuite, il faut compter une heure de broyage pour obtenir 40 grammes de matcha, et cela après que les feuilles aient été cuites à la vapeur et séchées.
Le procédé est fastidieux et demande du temps, c’est d’autant plus vrai quand on sait qu’un arbre planté a besoin de cinq années pour arriver à maturité. La plantation de nouveaux théiers n’est donc pas une solution miracle pour l’industrie qui doit aussi composer avec des problèmes de main-d’œuvre et le déclin démographique du pays.
En effet, la majorité des cultivateurs ont plus de 65 ans et ils ne parviennent pas à trouver de repreneur pour leurs exploitations. Si la production a largement augmenté entre 2012 et 2023 — on produisait il y a deux ans trois fois plus de matcha qu’au début de la décennie précédente, selon le ministère de l’Agriculture — 200 000 agriculteurs ont cessé leur activité entre 2020 et 2023.
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